Séminaire

Arguments transcendantaux en philosophie de la physique et en philosophie de la connaissance

2000-2001

CNRS UMR 8590 (Philosophie des sciences) et UMR 7656 (Centre de Recherches en Epistémologie appliquée)


Le Vendredi de 17h à 19h au CREA, 1, rue Descartes, 75005 Paris, salle 315

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24 Novembre 2000
A. Soulez:

"G-G. Granger et la topique transcendantale kantienne"

15 Decembre 2000
M. Bitbol:

"Physique et méthodes transcendantales"

Deux modes d'intervention de la méthode transcendantale en philosophie de la physique sont examinés. Le premier porte sur le « contexte de la justification » et le second sur le « contexte de la découverte ».
1) La capacité de l'approche transcendantale à fournir une justification rationnelle rétrospective des théories physiques est réactualisée. Une structure théorique est justifiée transcendantalement lorsqu'on a montré qu'elle recueille à la fois les contraintes propres à l'activité de recherche dont elle prédit les résultats, et le projet de synthèse objectivante qui la régit.
2) La méthode transcendantale exerce aussi une action (souvent implicite) sur l'avancée des sciences physiques. Cette action porte sur trois points principaux: l'intérêt réflexif pour les conditions constitutives (perceptives et expérimentales) de la connaissance; le retournement des limites de la connaissance en déterminations de ce qui est à connaître; et les projets d'unification.

26 janvier 2001
P. Kauark:

"Kant et les objets scientifiques inobservables"

Dans sa deuxieme antinomie dialectique, Kant souligne l'impossibilite d'affirmer tant l'existence que l'inexistence du simple (c'est-a-dire d'elements vraiment atomiques). Pourtant, dans les Premiers principes metaphysiques de la science de la nature, il soutient la divisibilite infinie de la substance materielle. Mais la contradiction n'est qu'apparente. Comme on le montrera, il suffit pour la lever de faire operer les distinctions kantiennes entre enonces dogmatiques-metaphysiques (portant sur la chose en soi) et enonces physiques (portant sur la synthese des phenomenes); entre principes constitutifs et principes regulateurs; entre descriptions de chose et prescriptions de methode.

2 mars 2001
L. Jaeger:

"Des formes substantielles aux lois de la nature"

Les pères fondateurs de la science moderne rejetèrent les formes substantielles et utilisèrent, à leur place, les lois de la nature pour expliquer l'ordre naturel. Nancy Cartwright s'est fait récemment l'avocat d'un retour aux concepts de la science aristotélicienne. En particulier, elle favorise l'image d'un monde "pommelé" (ou varié), qui ne peut être décrit à l'aide de lois, mais nécessite l'introduction de capacités, concept proche des natures aristotéliciennes. J'examinerai ses arguments à l'encontre des lois et en faveur des capacités. Le faisant, on est amené à se poser une question typiquement transcendantale : la science peut-elle se pratiquer dans le monde pommelé ? Je défendrai la thèse qu'il faut, pour permettre notre pratique scientifique, postuler une structure qui rend possible, du même coup, une description en termes de lois. Si des savants heureux vivent dans le monde projeté par Cartwright, il n'est pas pommelé après tout.

16 mars 2001
J. Benoist:

"Schlick et le synthétique a priori"

On examinera la critique de l'idee de synthetique a priori presentee par
Moritz Schlick en 1930 ("Y a-t-il un a priori materiel?"). On essaiera
de voir par la comment l'epistemologie du Cercle de Vienne tend a se
dissocier du kantisme, tout en en conservant - particulierement chez
Schlick - certains traits. Dans un texte-charniere comme la conference
de Schlick, on reperera aussi un glissement de certains themes
neo-kantiens et/ou conventionalistes vers une thematique plus
wittgensteinienne - l'influence du philosophe autrichien sur Schlick
etant alors flagrante. On s'interrogera sur le role de relai ou non de
l'idee de synthetique a priori joue par la notion de "syntaxe" telle
que se met alors a l'utiliser Schlick et qu'il l'emprunte - mais en la
simplifiant et par la-meme l'alterant beaucoup - a Wittgenstein.

6 Avril 2001
A. Bienvenu:

"Comment peut-on etre kantien et empiriste: le cas Helmholz"


Helmholtz occupe une place singulière dans l'histoire de la philosophie des sciences : empiriste déclaré, inductiviste, il se déclare cependant également en accord avec Kant sur de nombreux points. C'est pourquoi son héritage épistémologique put être revendiqué par des courants philosophiques aussi divergents que le cercle de Vienne et l'Ecole de Marbourg. Sa position est-elle cohérente ? Comment peut-il par exemple tenir l'espace pour une forme a priori, tout en faisant dériver ses formes de l'expérience ? Le vocabulaire kantien n'est-il pas alors inadéquat ? Nous essaierons avant tout de reconstruire la signification exacte de ses thèses dans leur contexte intellectuel, et d'en éprouver la cohérence. Mais cette recherche historique permet également de réfléchir, en arrière-plan, sur la possibilité et la valeur de la revendication de ' kantisme ' pour des épistémologies non strictement kantiennes.

Nous nous appuierons principalement sur un texte central : "Die Tatsachen in der Wahrnehmung", non édité en français mais inclus dans : Hermann von Helmholtz, Philosophische Vorträge und Aufsätze, Berlin 1971, et dans Abhandlungen zur Philosophie und Geometrie, Cuxhaven, 1987. En anglais : Epistemological Writings, Dordrecht, 1977.

27 Avril 2001
K. Brading:

"A Theme from Weyl's Grand Symphony, and some Noether Variations"

In 1918 Hermann Weyl published his unified theory of gravitation and
electromagnetism, arrived at through considering the epistemological
foundations of physical theory. In particular, Weyl introduced the idea of
'local symmetry' as a constraint on possible physical theories. His 'pure
speculation' led to some powerful results; for example, his newly-introduced
'local gauge symmetry' allowed him to derive the physically significant
claim that electric charge is conserved. The general connection between
symmetries and conserved quantities is one of the most powerful tools in
modern fundamental physics, and was first given its general formulation by
Emmy Noether, also in 1918. I will discuss the relationship between Weyl's
work and Noether's work, and this will lead into some remarks on the
so-called 'gauge principle'. This second very powerful tool in modern
fundamental physics is also concerned with local gauge symmetries. The claim
has been made that the 'gauge principle' allows us to derive the
interactions (i.e. forces) of physics. The purpose of this talk is to
examine these examples for the extent to which we can derive physical theory
by reason alone.

4 Mai 2001
J. Lear:

"Transcendant et transcendental en psychanalyse"

En 1919, Freud se heurta a une crise des fondements en psychanalyse. Il decouvrit qu'on ne pouvait pas rendre compte du fonctionnement de l'esprit par le principe de plaisir, ni par l'une quelconque de ses variantes. La theorie psychanalytique s'avéra des lors - a tout le moins - inadéquate. Par réaction, Freud eut recours à une audacieuse spéculation metaphysique. Ses efforts aboutirent pour l'essentiel a un échec - bien que la crise decouverte par Freud soit assez reelle. La question qui se pose alors est la suivante: de quelle autre maniere aurait-il pu aborder le problème? Cet exposé part de l'idée qu'au lieu de chercher un principe transcendant, on devrait examiner les conditions transcendantales pour un type particulier d'expérience. En vue de cela, un moment du traitement clinique de l'homme aux rats est analyse soigneusement, et une interprétation alternative est proposée.

La séance qui devait être assurée le 25 mai par Roland Omnès est annulée et reportée à l'automne