Ce livre présente l'étude
historique du principe de vie dans l'oeuvre de Descartes et dans
celle de ses prédécesseurs, notamment dans la Collection
Hippocratique, les traités d'Aristote et celui de St Thomas
sur le coeur, ainsi que dans les textes de Galien. Le livre souligne
notamment l'enjeu de la scission cartésienne entre l'âme
et les phénomènes biologiques. Cette scission permet
de comprendre, dans sa nouveauté radicale, la notion de
principe de vie chez Descartes, qui associe la découverte
récente de la circulation du sang par William Harvey, à
une explication mécanique de la chaleur du coeur.
Du traité de L'Homme aux Passions de l'âme,
Descartes identifie en effet la notion de "principe de vie"
à la chaleur contenue dans le coeur, nourrie par la circulation
du sang, brillante découverte à laquelle Descartes
s'est rallié. Une telle conception s'oppose à la
vision aristotélicienne, où la biologie et la psychologie
sont étroitement liées, ainsi qu'aux adeptes du
panpsychisme que Descartes a critiqués : Campanella et
Henry More.
Outre les sources antiques, le livre étudie des sources
médicales plus proches chronologiquement de Descartes au
sujet des conceptions de l'âme, du coeur, de la vie, et
en ce qui concerne la conception du trajet du sang dans l'organisme.
A partir de l'étude des métaphores rendant compte
du trajet du sang dans l'organisme, le livre souligne l'absence
d'image de la circulation du sang dans l'Antiquité. Il
rappelle également le contexte de la découverte
par Harvey de la circulation du sang et évoque la conception
harvéienne du coeur soleil, que rejette Descartes. Il expose
la controverse entre Descartes et Harvey sur le mouvement du coeur,
ainsi que celle avec le médecin hollandais Plempius (Plemp).
L'étude des sources médicales m'a permis de trouver
en Caspar Bauhin (Gaspard Bauhin), professeur de médecine
à Bâle, et auteur du Theatrum anatomicum (1605,
et 1620-1621), dont les planches sont inspirées de l'iconographie
d'André Vésale, la référence essentielle
de l'anatomie de Descartes, rendant compte en particulier de la
dénomination de la glande "H" dans le traité
de L'Homme.
Ce livre est issu d'une thèse dirigée par Geneviève Rodis-Lewis et soutenue à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) le 6 février 1989, devant le jury suivant: Professeurs Geneviève Rodis-Lewis (Université de Paris-Sorbonne, directeur de thèse), Pierre Aubenque (Université de Paris-Sorbonne, Président du jury), Jean-Marie Beyssade (Université de Paris-Sorbonne), Jacques Roger, (Université Panthéon-Sorbonne, Paris I).


