Présentation du livre de Annie Bitbol-Hespériès : Le principe de vie chez Descartes, Paris, Vrin, 1990.

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Ce livre présente l'étude historique du principe de vie dans l'oeuvre de Descartes et dans celle de ses prédécesseurs, notamment dans la Collection Hippocratique, les traités d'Aristote et celui de St Thomas sur le coeur, ainsi que dans les textes de Galien. Le livre souligne notamment l'enjeu de la scission cartésienne entre l'âme et les phénomènes biologiques. Cette scission permet de comprendre, dans sa nouveauté radicale, la notion de principe de vie chez Descartes, qui associe la découverte récente de la circulation du sang par William Harvey, à une explication mécanique de la chaleur du coeur.
Du traité de L'Homme aux Passions de l'âme, Descartes identifie en effet la notion de "principe de vie" à la chaleur contenue dans le coeur, nourrie par la circulation du sang, brillante découverte à laquelle Descartes s'est rallié. Une telle conception s'oppose à la vision aristotélicienne, où la biologie et la psychologie sont étroitement liées, ainsi qu'aux adeptes du panpsychisme que Descartes a critiqués : Campanella et Henry More.
Outre les sources antiques, le livre étudie des sources médicales plus proches chronologiquement de Descartes au sujet des conceptions de l'âme, du coeur, de la vie, et en ce qui concerne la conception du trajet du sang dans l'organisme. A partir de l'étude des métaphores rendant compte du trajet du sang dans l'organisme, le livre souligne l'absence d'image de la circulation du sang dans l'Antiquité. Il rappelle également le contexte de la découverte par Harvey de la circulation du sang et évoque la conception harvéienne du coeur soleil, que rejette Descartes. Il expose la controverse entre Descartes et Harvey sur le mouvement du coeur, ainsi que celle avec le médecin hollandais Plempius (Plemp). L'étude des sources médicales m'a permis de trouver en Caspar Bauhin (Gaspard Bauhin), professeur de médecine à Bâle, et auteur du Theatrum anatomicum (1605, et 1620-1621), dont les planches sont inspirées de l'iconographie d'André Vésale, la référence essentielle de l'anatomie de Descartes, rendant compte en particulier de la dénomination de la glande "H" dans le traité de L'Homme.

Ce livre est issu d'une thèse dirigée par Geneviève Rodis-Lewis et soutenue à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) le 6 février 1989, devant le jury suivant: Professeurs Geneviève Rodis-Lewis (Université de Paris-Sorbonne, directeur de thèse), Pierre Aubenque (Université de Paris-Sorbonne, Président du jury), Jean-Marie Beyssade (Université de Paris-Sorbonne), Jacques Roger, (Université Panthéon-Sorbonne, Paris I).

Descartes et Harvey

 

Mots-clés

Descartes et la biologie, Principe de vie, âme, tradition aristotélicienne, le coeur dans la Collection Hippocratique, le coeur chez Aristote, le coeur chez Galien, le coeur chez Saint Thomas, l'essor de la médecine à la Renaissance, Vésale et la tradition vésalienne, Caspar Bauhin, le mouvement du coeur démontré par William Harvey, la circulation du sang démontrée par William Harvey, la controverse entre Descartes et Harvey sur l'explication du mouvement du coeur, le feu sans lumière cartésien et la fermentation, l'approbation de la circulation du sang par Descartes, l'aristotélisme de William Harvey, le mécanisme cartésien, son influence en médecine et en philosophie, la glande 'H', glande pinéale, conarion, conarium ou épiphyse, les sources médicales de Descartes, influence et limites de Caspar Bauhin (Gaspard Bauhin).

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