Colloque
Physique quantique :

les images et le dualisme

Amphithéâtre A (Bâtiment Joffre), 1, rue Descartes, 75005 Paris

Mardi 3 Juin 2003

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9h30 Ouverture

10h00 Arthur Zajonc (Amherst, USA) : Pictures and crucial experiments in quantum mechanics

11h00 Pause

11h30 Michel Bitbol (CREA, Paris) : Thought experiments in quantum mechanics

12h30 Déjeuner

14h30 Arthur Zajonc (Amherst, USA) : Goethe's theory of color and the dualist theory of knowledge

15h30 Pause

16h00 Danièle Cohn (EHESS) : La couleur comme action et passion de la lumière

17h00 Discussion Générale (sous forme de table ronde informelle)

18h00 Fin des travaux

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Projet : La tendance dominante de l'interprétation des théories quantiques s'est inscrite dans le sillage d'une étonnante proposition philosophique de Heisenberg, selon laquelle le clivage que pose la théorie de la connaissance entre sujet et objet est rendu inopérant par la physique microscopique. Désormais, selon Heisenberg, les phénomènes ne peuvent plus être détachés de leur contexte expérimental, et ils ne se laissent donc pas interpréter comme propriétés intrinsèques d'objets autonomes. Cela n'empêche pas l'élaboration de formes d'objectivation secondaire, consistant à rendre des classes de phénomènes invariantes par changement de procédure expérimentale ; des formes d'objectivation d'ailleurs inscrites dans les théories quantiques à travers le prédicteur probabiliste unitaire qu'est le vecteur d'état, ou à travers des concepts collectifs comme celui de spectre. Mais le passage de l'occurrence individuelle objective à la classe objectivée rend plus manifeste qu'auparavant le caractère construit, délibéré, de l'opération qui rend possible une variété de clivage connaissant-connu.
Le colloque cherchera à analyser ce constat de perte et de reconstitution de novo d'une séparation sujet-objet dans la pratique des sciences physiques. Il tournera autour des interventions d'Arthur Zajonc, physicien et philosophe des sciences à l'Université d'Amherst (USA), à la fois spécialiste de fondements de la mécanique quantique et de l'histoire de la pensée scientifique. Ses ouvrages, remarquables et convergents dans leur thématique, soulèvent les deux questions les plus importantes qu'on doit aborder à la suite de cette remise en cause du dualisme pré-compris de la théorie de la connaissance. (1) Quelle peut être la signification des représentations et des images de processus microscopiques individuels dans les échanges quotidiens et publications des physiciens quantiques, si ces représentations et images ne peuvent prétendre refléter des entités singulières autonomes? (2) Comment penser une science qui ne s'appuierait pas exclusivement sur un préjugé méthodologique de séparation toujours-déjà accomplie entre sujet et objet, mais incluerait une dimension de participation, d'implication, pour ne pas dire d'immersion, du connaissant dans le domaine qu'il cherche à connaître ? L'optique de Goethe (et son opposition à celle de Newton) est prise comme témoin d'une tel projet de réorientation méthodologique. Une application à la philosophie de l'esprit sera proposée (et discutée par les répondants).