Colloque :

Kant, cosmologie et physique quantique

Amphithéâtre Stourdzé, 1, rue Descartes, 75005 Paris

Mardi 22 Avril 2003

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9h30 Ouverture par Michel Bitbol

10h00 Brigitte Falkenburg (Dortmund) : La cosmologie de Kant

11h00 Pause

11h30 Pierre Kerszberg (Université de Toulouse / CREA) : Réponse sur la cosmologie de Kant

 

12h30 Déjeuner

 

14h30 Brigitte Falkenburg (Dortmund) : Physique quantique et philosophie transcendantale

15h30 Pause

16h00 Jean Petitot (CREA, Paris) : Réponse sur la physique quantique et la philosophie transcendantale

17h00 Discussion Générale (sous forme de table ronde informelle)

18h00 Fin des travaux

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Projet : Depuis quelques années, un important courant philosophique s'est fait jour en faveur de la réhabilitation de l'épistémologie transcendantale proposée par Kant, et de son application à la physique contemporaine. Parmi les meilleurs penseurs mondiaux sur ce sujet, Brigitte Falkenburg tient une place exceptionnelle parce qu'elle possède à la fois une connaissance de première main en physique des particules élémentaires (dont elle a été spécialiste durant près de dix ans) et une authentique expertise de philosophe et d'historienne de la philosophie. Cette double maîtrise s'est manifestée par deux ouvrages importants : Teilschenmetaphysik (1998), qui analyse les procédures de constitution d'objectivité en physique des hautes énergies, et Kants Kosmologie (2000), qui établit des ponts systématiques, historiques et conceptuels, entre la science et la philosophie kantiennes.
Le colloque, organisé autour des interventions de Brigitte Falkenburg, a pour but principal de faire le point sur les tentatives d'adapter et d'élargir l'épistémologie transcendantale afin de rendre raison de la mécanique quantique standard et de la théorie quantique des champs. Une telle adaptation a longtemps semblé paradoxale. La sagesse commune parmi les philosophes des sciences du vingtième siècle, tient en effet pour évidents deux énoncés de désuétude de l'approche kantienne. Le premier pose que la thèse centrale de l'esthétique transcendantale a été réfutée par l'avènement de la théorie de la relativité générale, en raison de son usage privilégié d'une géométrie riemannienne. Le second que la thèse de l'analytique transcendantale a été réfutée par l'avènement de la mécanique quantique, en raison de sa mise en question de l'applicabilité universelle des catégories de substance et de causalité. Un examen un peu poussé montre cependant que cette double critique de l'épistémologie transcendantale n'atteint que son présupposé le plus discutable : celui selon lequel les formes a priori de la sensibilité et de la pensée valent pour tout temps et tout être rationnel. Sa procédure de remontée d'un contenu de connaissance à ses conditions de possibilité garde en revanche toute sa fécondité et son pouvoir explicatif, pourvu qu'elle soit à chaque fois adaptée à la structure des nouvelles avancées épistémiques. Les discussions du colloque porteront sur le détail de ces adaptations face aux théories quantiques, en s'appuyant sur l'étude historique approfondie des pistes ménagées par Kant lui-même lors de sa confrontation avec la physique et la cosmologie de son temps.

Key words: Kant, cosmology, quantum physics