E. Schrödinger, The Interpretation of quantum mechanics, edited by M. Bitbol, Ox Bow Press, 1995

 

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This book gathers  a series of lectures written by Schrödinger in the years 1940-1955, and also a well-known letter to Eddington of March 22, 1940.

The selected texts bear on the interpretation of quantum mechanics, as well as on philosophical issues about quantum mechanics. Their interest is that they correspond to a distinct phase of Schrödinger’s reflection. During the 1940s and the 1950s, while he was working at the Dublin Institute of Advanced Studies, Schrödinger abandoned the predominantly sceptical stance he had adopted during the 1930s, about the then dominant Copenhagen interpretation of quantum mechanics, and became much more assertive.

Two insights allowed this renewal of Schrödinger’s reflection on quantum theory. The first insight is his radical critique of the concept of a material corpuscle, of its individuality, of its permanence, and of its so-called « properties ». The second insight is the growing importance of Quantum Field Theory and the possibility Schrödinger saw of interpreting the formalism of Second Quantization in terms of vibration eigenmodes of the universe as a whole.

Another crucial element of this new cluster of ideas Schrödinger was defending at that time, is a metaphysical construal of the concept of « reality » adumbrated in his project of William James Lectures of 1954. According to him, « Reality » is but a construct made out of a set of phenomenal perpectives, united in an invariant structure. Schrödinger then felt confident that it is possible to recast the whole ontological scheme of physics, in view of the enlarged set of phenomenal perspectives that is made available  by advances in experimental research, and also in view of the new types of invariants that arise from it. This being granted, one can accept that the basic entities are no longer « particles », but (say) state vectors in the Fock space of Quantum Field Theory.

Table of contents below

 

 

Ce livre présente un ensemble de cours rédigés par Schrödinger (et une lettre à Eddington) datant des années 1940-1955.

Les textes sélectionnés tournent autour de l'interprétation de la mécanique quantique ou des questions philosophiques pertinentes pour la réflexion sur la mécanique quantique. Leur intérêt vient de ce que, durant les années 1940 et 1950, lors de son séjour à l'Institut d'études avancées de Dublin, Schrödinger a cherché à sortir de l'attitude essentiellement sceptique à laquelle il s'était cantonné au début des années 1930 vis-à-vis de l'interprétation alors dominante de la mécanique quantique.

Deux prises de conscience majeures ont permis ce renouveau de la réflexion de Schrödinger sur la théorie dont il avait été l'un des fondateurs. La première est la critique radicale du concept de corpuscule matériel, de son individualité, de sa permanence, et de ce qu'il est convenu d'appeler ses «propriétés». La seconde est l'importance croissante prise par la théorie quantique des champs et la possibilité de réinterpréter le formalisme de la «seconde quantification» en termes de modes propres d'oscillation de l'univers entier.

Il faut ajouter à cela une réflexion métaphysique de Schrödinger à propos du concept de «réalité», esquissée dans un projet de William James Lectures datant de 1954. Il devenait possible à partir de là d'accomplir une véritable refonte ontologique, et d'adopter un découpage de «ce qui arrive» en un ensemble d'entités qui ne sont plus des «particules» mais des vecteurs d'état de l'espace de Fock.

Ce travail est exposé in extenso dans les cours inédits que Schrödinger a donnés à Dublin entre 1949 et 1955. Une partie du contenu de ces cours a filtré dans les quelques articles que Schrödinger a publiés dans British Journal of Philosophy of science et dans Endeavour durant ces années, mais une grande partie de l'argumentation est restée confidentielle, favorisant les malentendus et conduisant à oublier presque entièrement la contribution originale (et beaucoup plus subtile qu'on ne l'a dit), du grand physicien viennois aux réflexions sur les fondements de la mécanique quantique. La publication de ces textes, dans la langue anglaise qu'utilisait Schrödinger à l'époque, comble donc une lacune dans notre compréhension de la «scène philosophique originelle» de la physique quantique.

 

TABLE OF CONTENTS / TABLE DES MATIÈRES