Principaux articles publiés par Annie Bitbol-Hespériès
I) Principaux articles
publiés :
Sur le thème des rapports entre
philosophie et médecine à la Renaissance et au dix-septième siècle, sur le
dualisme de l'âme et du corps, sur la médecine et l'unité de l'homme selon
Descartes, sur l'explication de la douleur, en particulier des amputés,
(douleur des membres fantômes), sur les rapports entre médecine et
anthropologie. Sur l’étude médicale de La nature de l’homme.
Sur les sources renaissantes de
la pensée médicale de Descartes ("Vésale et les autres", Caspar
Bauhin et Fabrice d'Acquapendente...), sur l'approbation cartésienne de la
découverte de la circulation du sang par William Harvey, la controverse avec
Harvey sur le mouvement du coeur, sur l'aristotélisme et la médecine, les
analogies et correspondances en médecine.
Sur la métaphore entre le cœur
et le soleil dans les traités de médecine de la Renaissance et dans le traité
de Harvey. Pas de trace d’influence de Copernic ou de Galilée sur Harvey. Au
contraire, Descartes rallié aux « nouveaux astronomes » dans Le
Monde, non publié en
raison de la condamnation de Galilée.
Le rejet cartésien de la métaphore du cœur soleil.
Sur les songes de Descartes et
sa vocation.
Sur la mélancolie dans les
lettres à la princesse Elisabeth de Bohême et sur les sources médicales de
Descartes au sujet des cas de mélancoliques évoqués dans la première des Méditations
Métaphysiques et
dans le dialogue inachevé La recherche de la vérité par la lumière naturelle.
Sur la maladie mélancolique et la folie.
Sur l'anthropologie cartésienne
et son influence sur l'anthropologie de Hobbes. Sur la vision chez Descartes et
Hobbes, et sur les yeux des "regardants".
Sur les monstres et les jumeaux
joints de la Renaissance aux Lumières, (seizième siècle, dix-septième siècle,
dix-huitième siècle, et, en conclusion, évocation de la situation au début du
dix-neuvième siècle), sur la variété des jumeaux joints (jumeaux conjoints ou
jumeaux soudés, et pas seulement les 'siamois'), la génération des monstres, la
génération des jumeaux joints, les liens entre médecine et philosophie, entre
médecine et téléologie, entre médecine et théologie, la Nature, Dieu, les
attributs divins, les desseins divins.
Sur Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix
Lacher) et la philosophie de la médecine.
Sur le lien entre médecine et
méthode chez Descartes.
Sur les modèles mécaniques et
mécanistes en médecine: modèles mécaniques dans la tradition médicale et usage
de ces modèles par Descartes.
Keywords : Cartesian Medicine, Cartesian Anthropology, Descartes'
Dualism, Descartes's Medicine and the Unity of Man, Cartesian explanation of
pain, in particular phantom limbs, Medicine and Anthropology Descartes’ medical
study of the Nature of Man.
Cartesian Renaissance
sources in medicine ("Vezalius and the others", Caspar Bauhin,
Fabricius of Aquapendente, ...), Descartes' approval and rewriting of the
discovery of the Circulation of the Blood by William Harvey, Descartes'
controversy with Harvey about the explanation of the mouvement of the heart,
Aristotelism and medicine, analogies in medicine.
On the metaphor of the heart
being like the sun in medical treatises and in Harvey’s treatise. No influence
of Copernicus or Galileo in Harvey’s use of the metaphor of the heart being
like the sun. On the contrary, in Le Monde (The World) Descartes wanted to draw information
from the most recent sources : from Copernicus to Galileo, and the condemnation of Galileo’s Dialogue
on the Two chief World Systems, by the Congregation of Cardinals established to censor
books, caused him not to publish his boolk.
On the Cartesian rejection
of the Harveian heart sun metaphor.
On Descartes' dreams.
About melancholy in the
letters to Princess Elizabeth of Bohemia. On the medical sources of the
examples of "madmen, whose brains are so damaged by the persistent vapours
of melancholia..." in the First of the Meditations on First Philosophy and in The Search for Truth by
Means of the Natural Light. About melancholy and madness.
Descartes' anthropology and
its links with Thomas Hobbes' anthropology (with the De Homine in particular), theories of vision in
Descartes' works and in Hobbes' works, the eyes of the "onlookers".
Nature, Monsters and
Generation, monsters and medicine, monsters and philosophy, monsters and
theology, monsters and teleology.
Monsters and conjoined twins
from the Renaissance to the Enlightenment, the generation of monsters, the
links between medicine and philosophy, between medicine and teleology, between
medicine and theology, Nature, God, the divine attributes, the divine
designs .
Conjoined Twins and their
variety, conjoined twins and generation, conjoined twins and dissection,
conjoined twins and their psychology...
On Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix
Lacher) and the importance of medical references in his works.
On the link between medicine
and method in the Discourse on the Method and in the Optics.
On the mechanical models in
medicine and in Descartes'writings.
-"Le principe de vie dans
les Passions de l'âme", Revue
Philosophique, P.U.F., N° 4,
octobre-décembre 1988, p. 415-431.
-"Leibniz
et la question de l'individuation",
in Le problème de l'individuation,
essais réunis par le Père Pierre-Noël Mayaud, Vrin, 1991, p. 79-104.
-"Le
dualisme dans la correspondance entre Henry More (Morus) et Descartes", in Autour de Descartes, Le dualisme de
l'âme et du corps, ouvrage publié par
J.-L. Vieillard-Baron,Vrin, 1991, p. 141-158. (Actes du colloque organisé par
l'Université de Tours et qui s'est tenu à Descartes, ville natale de René
Descartes, au Sud de la Touraine, en octobre 1989).
Résumé: Au moment où il adresse sa première
lettre latine à Descartes, le 11 décembre 1648, Henry More, platonicien de
Cambridge, a déjà publié Psychozoïa Platonica or a Platonical
song of the soul (La vie
de l'âme platonicienne ou le chant platonicien de l'âme),1642,
texte repris en 1647 dans les Philosophical Poems avec, par exemple, le poème Psychatnasia, et Democritus Platonissans or an Essay upon the infinity of worlds out
of Platonick Principles, 1646, également réédité dans les Philosophical
Poems de 1647. Ces textes, où
érudition et préoccupation religieuse sont manifestes, ne constituent que le
début d'une oeuvre immense.
Dans Psychozoïa Platonica, Henry
More relate sa quête spirituelle sous la forme d'un journal mystique et
allégorique, écrit quelques années avant qu'il ne soit publié, et inspiré d'une
de ses lectures favorites, The Faerie Queene d'Edmund Spencer, où se rencontrent néoplatonisme et
éléments tirés des Kabbalistes chrétiens. More aborde, à partir de l'histoire
de son âme, des questions métaphysiques et théologiques comme celles de
l'immortalité de l'âme (thème qui donnera son titre, en 1659, à un nouvel
ouvrage de More, dans lequel il citera et discutera Descartes), de l'origine de
la vie, des rapports entre Dieu et le monde. Ce texte complexe est nourri de
sources multiples, notamment hébraïques et grecques. Parmi celles-ci, notons
l'influence de Platon, en relevant que More, qui connaît le grec, s'y réfère à
travers les traductions latines de Marsile Ficin, ce qui signifie que des
conceptions plotiniennes et des doctrines ésotériques viennent s'y ajouter.
Dans Democritus Platonissans, More
expose la théorie de la réalité et de l'infinité de l'espace, infinité qui est
liée à l'omniprésence divine sur le plan cosmologique. La référence à Démocrite
a d'ailleurs, comme de façon plus générale l'appel aux atomistes de l'Antiquité
(c'est le cas dans la correspondance avec Descartes où Démocrite, Lucrèce et
Epicure sont cités) un but double: préserver la distinction entre l'espace et
les choses qui sont dans l'espace, tout en rejetant la métaphysique
matérialiste qui la sous-tend. Ce texte, où More cite Descartes, préfigure leur
débat épistolaire, relatif à l'identité posée par Descartes entre l'espace et
la matière, que récuse sans cesse Henry More. De même, la question de
l'infinité de l'espace, évoquée dans ce livre, se retrouve dans la discussion
opposant le professeur de Cambridge au philosophe français, Descartes
distinguant entre l'étendue indéfinie de la matière et le caractère infini de
Dieu.
Par rapport aux ouvrages publiés par le plus célèbre des Cambridge men avant qu'il n'écrive à Descartes, on peut s'étonner
de l'éloge que More adresse à Descartes, au début de la première lettre qu'il
lui envoie: "tout ce qu'il y a jamais eu de grands philosophes et
d'intimes confidents des secrets de la nature, n'étaient que des nains auprès
de vous". Il est vrai qu'après avoir noté que ce qu'a écrit Descartes dans
les "Principes, et dans ses
autres ouvrages, est d'une si grande justesse, d'une beauté si bien
proportionnée et d'une conformité si parfaite avec la nature, qu'il n'est pas
possible de procurer un spectacle plus agréable à l'esprit et à la raison
humaine", More poursuit par un "sed", (cependant), qui marque le
point de départ de la discussion épistolaire entre les deux correspondants et
de leur désaccord. Désaccord que More, dans son souhait d'inclure Descartes
dans la tradition de la philosophia perennis, estompe en ajoutant que les difficultés qu'il soulève
"ne portent point coup au fond de sa philosophie" (AT, V, 237-238).
Pourtant, le premier point que conteste More porte sur la définition
cartésienne de la matière. Ce point de désaccord est donc fondamental, comme
est fondamental le refus chez Henry More d'admettre la thèse des
animaux-machines, la disjonction cartésienne opérée entre l'âme et la vie, et
la définition cartésienne de la vie par la chaleur du coeur.
L'article expose donc les termes et les enjeux de ces profonds désaccords entre
Descartes et More ainsi que les enjeux de la définition cartésienne de la vie,
en soulignant sa radicale nouveauté sur un double registre, puisqu'elle associe
la découverte de la circulation du sang à une explication intégralement
mécaniste de la chaleur du coeur conçue comme "principe de vie". Il
montre l'influence du débat épistolaire avec Descartes sur les écrits
ultérieurs de Henry More.
-mots-clés: vie, principe de vie, âme,
dualisme, chaleur du coeur, circulation du sang, conarion (conarium) ou glande
pinéale, théories panpsychiques, âme du monde, "vie du monde".
- Descartes et Regius : leur pensée médicale, in Descartes et Regius, Autour de L'Explication de
l'esprit humain, édité par Theo
Verbeek, éditions Rodopi, Amsterdam-Atlanta, 1993, p. 47-68. (Actes du colloque
organisé par la Faculté de Philosophie de l'Université d'Utrecht et la Maison
Descartes d'Amsterdam, qui s'est tenu à la Maison Descartes d'Amsterdam en
octobre 1991).
Résumé: Cet article montre l'influence de
Descartes sur un de ses disciples (plus proche chronologiquement de Descartes
que Malebranche ou Leibniz, mais moins prestigieux) : le médecin Henri de Roy,
dit Regius. Il démontre l'importance de Descartes sur l'enseignement médical
dispensé par Regius à l'université d'Utrecht, à partir d'une analyse de la Physiologia de 1641. Ce texte, Physiologia sive cognitio
sanitatis (Physiologie ou
connaissance de la santé) réunit des thèses latines de médecine, soutenues sous
la direction de Regius à l'université d'Utrecht. Son analyse permet d'apprécier
l'influence du Discours de la méthode
et des Essais, en particulier de
la Dioptrique, aux Pays-Bas. Elle
permet en outre de cerner l'originalité de la médecine de Regius par rapport à
celle de Descartes, et de voir l'influence des disputations de la Physiologia
sur les ouvrages ultérieurs de
Regius, notamment les Fundamenta physices de 1646, chapitres 10 (De animalibus) et 12 (De homine), le traité de Médecine en quatre livres de 1647, Fundamenta
medica, et la Philosophia
Naturalis de 1654 et 1661, aux livres
IV (De animalibus) et V (De
homine) en particulier. Ce dernier
livre constitue une édition complétée des Fundamenta Physices et Regius inclut aussi des emprunts aux Passions de
l'âme de Descartes.
-mots-clés: correspondance entre Descartes et
Regius, physiologie, nature de l'homme, âme de l'homme, cerveau, divisions
intra-cérébrales, concavités du cerveau, "sens internes", sens
commun, glande pinéale ou conarion ou épiphyse, que Descartes distingue
soigneusement de l'hypophyse ou glande pituitaire, nerf optique, esprits
animaux, "feu sans lumière" dans le coeur, circulation du sang,
-
Réponse à Vere Chappell
(professeur à l'université de Amherst, Massachusetts), sur l'homme cartésien
et l'union substantielle, p. 427-447,
in Descartes, Objecter et répondre,
livre publié sous la direction de Jean-Marie Beyssade et Jean-Luc Marion,
Paris, P.U.F., 1994. (Actes du colloque "Objecter et Répondre",
organisé par le Centre d'études cartésiennes à la Sorbonne et à l'Ecole Normale
Supérieure du 3 au 6 octobre 1992, à l'occasion du 350e anniversaire de la
seconde édition des Méditations.)
-
"Les Olympica et la
vocation scientifique de Descartes",
p. 47-71, in Romanica Gandensia,
XXV, numéro consacré aux Olympiques
de Descartes, Etudes et textes réunis par F. Hallyn, Droz, 1995. (Actes d'une
Journée d'études sur les Olympica
organisée à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Gand, le 5
mars 1993).
Résumé: Au cours de sa halte dans le
"poêle" (pièce chauffée par un poêle de faïence, par opposition aux
cheminées enfumées), à Neuburg, sur les bords du Danube, Descartes a eu trois
songes. Aucun élément des songes de novembre 1619 ne permet de dire que
Descartes s'est intéressé à la médecine à partir de ce moment ni d'affirmer
qu'il a évoqué les conceptions médicales liées aux Rose-Croix.
Pour tenter de comprendre les Olympica, c'est-à-dire aussi bien le texte de la transcription
des fameux songes, que les notes du petit registre, il me semble qu'il faut
également étudier la correspondance échangée entre le départ de Beeckman et
celui de Descartes, et notamment les cinq lettres que Descartes a rédigées pour
Beeckman entre le 24 janvier 1619 et le 29 avril 1919.
Alors, des thèmes apparaissent, qui relient
les recherches menées avec Beeckman et les songes du 10 novembre 1619, mais qui
montrent surtout un écart considérable: celui imputable à la prise de
conscience de la vocation scientifique d'un homme qui seul parvient à s'élever aux pensées les plus hautes,
celles dont témoignent le choix des termes de Parnassus et d'Olympica.
Le thème de la solitude, la possibilité
d'accéder aux pensées les plus hautes et le grand rôle joué par le Corpus
poetarum, dans le troisième songe et
dans son interprétation, constituent un faisceau d'indices permettant de
rattacher les Olympica à
l'histoire de la mélancolie. L'importance que Descartes accorde alors à
l'imagination, l'alternance de phases d'enthousiasme et d'abattement, d'inspiration
et d'oisiveté, vécue par Descartes dans la solitude, -alternance qui correspond
à "l'ambivalence de la nature mélancolique" bien définie dans Saturne
et la Mélancolie-, ainsi que le rôle
accordé aux mathématiques dans le Parnassus et dans les Praeambula, viennent conforter cette proposition
d'interprétation.
Descartes affirme sa vocation: celle d'un
homme qui, parti des mathématiques, s'ouvre seul à la réforme des sciences, en
ôtant les "masques" des sciences particulières afin de mettre en évidence
leurs liens dans la "catena scientiarum". La vocation scientifique
est pensée par rapport à la création poétique et l'inspiration des poètes
fournit le modèle qui guide le jeune Descartes en lui donnant confiance pour
élaborer seul une "science aux fondements nouveaux".
-
"Anthropologie et médecine",
p. 58-61 du Magazine Littéraire,
avril 1996, numéro 342 intitulé Descartes, les nouvelles lectures.
-
"Connaissance de l'homme, connaissance de Dieu", p. 507-533, in Les Etudes Philosophiques, numéro 4 de l'année 1996, consacré à La question
de l'homme, de Descartes à Malebranche.
Résumé de cet article : Pour Descartes,
l'homme est composé d'une âme et d'un corps, qui doivent être unis pour
composer un "vrai homme". L'élimination des fonctions non intellectuelles
de l'âme forme le motif de la médecine cartésienne et la conception cartésienne
de l'homme est novatrice dans son affirmation de l'âme raisonnable autant que
dans sa manière d'envisager le corps. Car Descartes pose la question de l'homme
dans le contexte de la tradition médicale, qu'il connaît, et à laquelle il
s'oppose régulièrement. S'il prend le thème du "connais-toi
toi-même", invoqué depuis le seizième siècle pour justifier l'étude de
l'anatomie, Descartes l'utilise de façon profondément originale. En effet, son
invocation du "connais-toi toi-même" est détachée des louanges
adressées au Créateur, dont témoigne le tableau de Rembrandt, L'anatomie du
Dr Tulp, peint à Amsterdam au moment
où Descartes rédige la partie du Monde consacrée à L'Homme. De
même, Descartes dissocie son invocation du précepte "connais-toi
toi-même" du contexte de macabre moralisant illustré par les bannières que
portent les squelettes articulés du fameux amphithéâtre de Leyde.
Abstract: According to Descartes, man is
composed of a soul and a body that need to be joined to compose a "real
man". The elimination of the non-intellectual functions of the soul
constitutes the philosophical motive of Cartesian medicine, and Descartes'
conception of man is a new one, with its affirmation of a rational soul, as
well as in its way of considering the body. Descartes indeed raised the
question of man in the context of medical tradition. Descartes had studied
medicine by himself, and he fights against this tradition. If Descartes quotes
the ancient theme of "Know thyself", which had medical application
from the sixteenth century onwards, in order to justify the study of the human
body, he does so in a very original way. Descartes does not quote such a theme
in relation to the praise of God, an illustration of which can be found in
Rembrandt's famous painting Anatomy of Dr Tulp, painted in the year 1632 in Amsterdam at the very
moment when Descartes was writing his treatise on Man. Descartes also dispenses with the gruesome
moralizing, an example of which can be found on the banners held by the
skeletons standing around the galleries of the famous anatomical theater at
Leiden.
-mots-clés: âme, corps, anthropologie;
Descartes et l'étude de l'anatomie; le "connais-toi toi-même", ses
significations et enjeux dans les leçons d'anatomie (dissections publiques) et
les traités d'anatomie; le corps microcosme; Vésale, De humani corporis
fabrica, Rembrandt, Leçon
d'anatomie du Docteur Tulp; les
vanités.
-
"La médecine et l'union dans la Méditation sixième", p. 18-36 dans l'ouvrage collectif Union et
distinction de l'âme et du corps : lectures de la VIe Méditation, publié chez Kimé en 1998, sous la direction de D.
Kolesnik-Antoine. (Actes de la Journée d'études organisée le 15 novembre 1997,
salle Louis Liard, en Sorbonne).
Résumé: Ce texte prolonge deux de mes
articles précédents: d'abord, la Réponse à Vere Chappell, ensuite "Connaissance de l'homme, connaissance
de Dieu", en étudiant les thèmes
médicaux contenus dans la sixième des Méditations métaphysiques et en les replaçant dans leur contexte médical et
chirurgical. L'article expose la
conception cartésienne de l'union de l'âme au corps qui repose sur
l'interprétation de faits médicalement constatés, notamment l'explication de
l'illusion des amputés ou douleur des membres-fantômes. L'analyse cartésienne
de la douleur des amputés dans la Méditation VI développe d'une part, les
acquis du discours quatrième de la Dioptrique et d'autre part, l'exemple de la jeune fille qui se
plaint de douleurs dans les doigts, alors qu'on lui cache son amputation de la
main, -exemple que Descartes a cité dans la lettre à Froidmont (Fromondus) du 3
octobre 1637 et qu'il reprendra dans les Principes de la philosophie. Dans la Méditation VI, l'exemple de l'illusion des
amputés joue un rôle important, puisqu'il permet à Descartes de montrer que la
mutilation d'une partie du corps n'affecte en rien l'unité de l'âme. Son
explication "physique" est un remarquable échantillon du caractère
novateur des thèses cartésiennes en médecine, parce que la douleur des membres
fantômes ne parvenait pas à être expliquée dans les traités de chirurgie, ceux
d'Ambroise Paré ou de Fabrice d'Acquapendente par exemple.
-mots-clés: médecine et union, sensations,
douleur, illusion des amputés, douleur des membres fantômes, cerveau, nerfs,
glande pinéale, union de l'âme au corps, leçon d'anatomie et thème de la
dignité de l'homme, la main et l'histoire de la médecine.
- "Descartes, Harvey et la
médecine de la Renaissance", p.
323-347 du volume "Descartes et la Renaissance", édité par E. Faye et
publié chez H. Champion, Paris, 1999. (Actes du Colloque international de Tours
des 22-24 mars 1996).
Résumé: Cet article confirme les analyses
présentées dans Le principe de vie chez Descartes en montrant l'importance des sources renaissantes de
la médecine cartésienne, aussi bien en anatomie qu'en embryologie. L'article
commente la référence cartésienne à "Vésale et les autres" dans la
lettre à Mersenne du 20 février 1639 (AT, II, 525), puis celle à
"Fabricius ab Aquapendente" dans la lettre à Mersenne du 2 octobre
1646 (AT, IV, 555). Après avoir noté le parallèle entre ces deux références et
insisté sur le fait que Descartes évoque aussi l'indispensable recours aux
expériences en médecine, l'article souligne la concordance entre les sources
médicales de Descartes et celles du médecin William Harvey. Mais l'article
montre aussi que la réécriture cartésienne de la démonstration harvéienne de la
circulation du sang et la controverse de Descartes avec Harvey sur la cause du
mouvement du coeur mettent en question une partie de l'héritage de la pensée
médicale de la Renaissance, en particulier l'influence d'Aristote sur William
Harvey.
-mots-clés: sources médicales de Descartes et
de Harvey, André Vésale (Vezalius, Vesalius), Caspar Bauhin (Bauhinus), Fabrice
d'Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente), école de Padoue, anatomie,
embryologie, expériences de dissection, aristotélisme de Harvey, aristotélisme
padouan.
-
"Cartesian Physiology", p.
349-382 de l'ouvrage édité par Stephen Gaukroger, John Schuster and John
Sutton, Descartes' Natural Philosophy, publié chez Routledge, dans la collection Routledge Studies in
Seventeenth-Century Philosophy, en juillet 2000.
- "Descartes,
Reader of Harvey : The Discovery of the Circulation of the Blood in
Context", p.15-40, in Graduate
Faculty Philosophy Journal, New School for Social Research, vol. 22, N°1, 2000,
New York, pages 15-40.
-
"Descartes face à la mélancolie de la Princesse Elisabeth", in: Une philosophie dans l'histoire, hommages à Raymond Klibansky, édité par B. Melkevik
et J.-M. Narbonne, Québec, Presses de l'Université de Laval (Canada), 2000,
Diffusion Vrin, pages 229-250.
Résumé: Dans ma contribution au Festschrift
du professeur Raymond Klibansky, j'ai
souhaité poursuivre l'étude d'un thème particulièrement négligé dans la
correspondance entre Descartes et la princesse Elisabeth de Bohême: celui de la
mélancolie dont souffre la princesse Elisabeth, thème médico-philosophique que
j'avais eu l'occasion d'aborder aux Journées d'études organisées à Descartes en
mars 1999, en présentant une communication sur "La raison plutôt que les
remèdes".
L'article analyse ce cas de mélancolie
féminine que Descartes étudie dans un cadre médical rénové en prenant très au
sérieux l'affection dont souffre la princesse. En effet, Descartes connaît
cette affection et sait que la mélancolie peut avoir pour horizon la folie. Il
a d'ailleurs cité, dans la Méditation première et dans le dialogue inachevé La
recherche de la vérité, des exemples
de pathologies mélancoliques liées aux "vapeurs" de la bile noire.
Ces pathologies sont répertoriées dans des traités médicaux et l'article
indique la source des exemples cartésiens.
-mots-clés: philosophie et médecine, lien
entre l'âme et le corps, mélancolie et unité de l'homme, femme et mélancolie,
opilation de la rate, bile noire, folie, imagination, circulation du sang,
usage de la raison, pathologies du cerveau au dix-septième siècle, maladies de
l'imagination à l'âge classique, sources médicales des exemples de
mélancoliques cités par Descartes dans la première des Méditations
métaphysiques et dans La recherche
de la vérité par la lumière naturelle.
-Auteurs cités : Hippocrate, Aristote,
Théophraste, Celse (Aulus Cornelius Celsius), Galien ; Marsile
Ficin ; André Du Laurens, Felix Plater (ou Platter), Petrus Forestus (P.
van Foreest), Timothy Bright, Robert Burton, William Harvey ; Louis de La
Forge, François Poullain de la Barre ; Adrien Baillet ; Raymond Klibansky,
Erwin Panofsky, Fritz Saxl.
- "L'Homme de Descartes et le De Homine de Hobbes"
(p. 155-p. 186), in Hobbes, Descartes et la métaphysique, (D. Weber, éd.). Actes du colloque "Hobbes, Descartes et la métaphysique"
organisé par le Centre d'études cartésiennes (Université de Paris Sorbonne,
Paris IV), qui s'est tenu en Sorbonne le 8 juin 2002. Recueil publié fin
octobre 2005 à Paris, chez Vrin.
Résumé: Après avoir justifié le rapprochement
entre L'Homme de Descartes (-une
publication posthume, après le renoncement à la publication du Monde qui inclut L'Homme, en raison de la condamnation de Galilée, et la
"redistribution" des thèmes de L'Homme dans le Discours de la méthode et la Dioptrique-), et le De Homine de
Hobbes (-une publication différée de la deuxième partie du vaste projet
hobbesien: "Corpus, Homo, Civis", en raison de la Guerre Civile
anglaise-), l'article développe les trois points suivants:
- L'Homme de Descartes et le De Homine de Hobbes ont été au coeur de projets philosophiques
ambitieux et sont restés au centre des oeuvres en dépit de la publication
différée de ces traités. Ces oeuvres ont de nombreux points d'intersection,
l'anthropologie de Hobbes s'étant, sinon explicitement définie, du moins
implicitement posée, par rapport à celle de Descartes.
- L'anthropologie de Descartes et celle de
Hobbes accordent une place prépondérante à l'explication de la vision,
conséquence de l'émergence d'un nouveau contexte scientifique. L'homme est
"spectateur" et "observateur" d'un monde où les mouvements
apparents des astres ne correspondent pas à leurs mouvements réels.
- Ces anthropologies sont indissociables
de l'essor des sciences physique et astronomique et reposent sur des
connaissances anatomiques et physiologiques récentes. Copernic et Galilée,
d'une part, Vésale et Harvey, d'autre part, sont des références importantes
dans la constitution des anthropologies de Descartes et de Hobbes. Ce sont deux
anthropologies de "physiciens-métaphysiciens".
-mots-clés: philosophie et astronomie,
philosophie et médecine, anthropologie, nature de l'homme, l'homme et son
rapport au monde, l'homme et la connaissance de lui-même; l'héritage de l'année
1543 dans les oeuvres de Descartes et de Hobbes: liens avec les textes de
Copernic, puis avec ceux de Kepler, de Tycho Brahé et de Galilée (Galileo
Galilei) d'une part, liens avec le traité de Vésale (Vezalius, Vesalius) sur la
Fabrique du corps humain (De humani corporis fabrica), puis avec les livres de Caspar Bauhin (Theatrum
anatomicum) et de William Harvey (De
motu cordis et sanguinis in animalibus)
d'autre part; les nouveaux astronomes, les nouveaux anatomistes; l'explication
des sensations, la "fabrique de l'oeil", l'explication de la vision,
les illusions d'optique, le rôle du nerf optique, l'optique, la dioptrique, la
lumière, le monde visible, la géométrie, l'admiration, le dualisme cartésien,
le principe de vie mécaniste, le mouvement du coeur, la circulation du sang,
les "esprits animaux", la génération des animaux.
- "Conjoined Twins and the
Limits of our Reason", p. 61-
p.107, in Monsters and Philosophy, edited
by Charles T. Wolfe, London, King's College Press, University of London.
(December 2005)
Abstract:
In the texts dealing with monsters, the sets of human double monsters, in
particular conjoined twins, have been undoubtedly the ones who provoked the
most surprise, curiosity and amazement.
With their physical peculiarities and their various appearances, conjoined
twins have fired the imaginations and triggered many debates in which
philosophical issues have been important. Double monsters have crystallized in
an exemplary way the problems we must face with monsters: (i) as regards the
reactions towards their extraordinary physical appearances and their place in
society, (ii) as regards their ontological status and their place in Nature
which for a very long time was tightly associated with God, (iii) as regards
the issue of their causes, for long not independent from theological concerns.
Double monsters have raised some important additional questions: their
individuality, i.e. do conjoined
twins have one soul or two, an important question related to the discussions on
the 'principle of life' and the seat of the soul and not only with the decision
to baptize either one person or two. Another important question concerning
human double monsters when they had lived for a long period of time concerned
their psychology and whether they have different personalities, not to mention
the possibility of their being separated by surgery and the details of their
autopsy reports showing the importance of the fusion of their organs, a
dimension which had implications for the mechanics of matter itself.
These issues did not raise independently from the accounts of monstrous births
and, from the second half of the sixteenth century onwards, from the
publication of 'canards', pamphlets and broadsides showing illustrations of
conjoined twins, or from actual encounter with traveling conjoined twins.
In the first part of my paper I discuss the
conception of conjoined twins in relation to the notions of 'spectacle' and
Nature, with a particular focus on the importance of theology and philosophy in
the first medical treatises on monsters. In the second part, I examine the
fundamental changes brought about in this context by some physicians from the
beginning of the seventeenth century as well as by René Descartes. I emphasize
the split between the investigation about monsters and theology, as well as the
importance of the new conception of nature introduced by Descartes, especially
in relation to matter and to the laws of nature. In the third part, I describe
the limitations in the influence of these fundamental changes in the eighteenth
century, with a particular focus on the enduring influence of theological and
teleological arguments in the debates concerning detailed dissections of
conjoined twins at the Académie Royale des Sciences in Paris.
-Keywords: Medicine and philosophy, medicine
and theology, medicine and teleology, Monsters from the sixteenth century to
the nineteenth century, Monsters and 'spectacle', monsters and 'show', Nature
as a 'spectacle'; laws of nature; Anatomy, praises to the human body,
dissection of monsters and of conjoined twins and teleology, dissections of
monsters and of conjoined twins and theology, the divine attributes, the divine
designs, the Académie Royale des Sciences,
-Authors quoted: Aristotle, Galen, Saint
Augustine, Rüff or Rueff, Ambroise Paré, M. Weinrich, Caspar Bauhin, Du Laurens
(Laurentius), Riolan (the Younger), Fortunio Liceti, René Descartes, William
Harvey; Malebranche, Antoine Arnauld, Régis; Du Verney (Duverney, Duvernay),
Marcot, Lémery, Winslow, Goëffon (Goiffon), Haller, Bordenave; Fontenelle,
Dortous de Mairan; Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, Isidore Geoffroy
Saint-Hilaire, Etienne Serres...
- "Monsters, Nature and
Generation in the Early Modern Period: The Emergence of Medical Thought" in The Problem of Animal Generation in Modern
Philosophy, edited by Justin
E.H.Smith, published at Cambridge University Press, 2006, p. 47-p. 62 (paper
published without notes).
This paper is based on the web-exhibition
about monsters that had been on the website of the main medical library in
Paris (the BIUM, Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine), since the 29th
January 2004, Les monstres de la Renaissance à l'âge classique,
métamorphoses des images, anamorphoses des discours. De l'admiration, souvent mêlée de peur pour ces
signes divins et prodiges de la nature aux bases d'une lecture plus
'scientifique': l'émergence d'un discours 'médical' sur les monstres. Text, bibliography and selection of the illustrations
(from rare books in the BIUM) by Annie Bitbol-Hespériès. Concept, web design
and image editing by Jacques Gana.
Abstract:
One of the most striking features of the discussion of monsters in the
sixteenth century lies in the variety of texts in which they were discussed. It
would take a long time for monsters and their causes to become the specific
subject of study among surgeons and physicians.
Jacobus Rüff (Rueff), a Zurich surgeon, and Ambroise Paré, a French surgeon,
were the first to include a study about monsters in medical treatises providing
a large number of illustrations. These treatises have been reprinted and
translated many times after their first publications, Rüff's in German and
Latin in 1554, and Paré's in French in 1573. When describing and illustrating
monsters, Rüff, and to a greater extent Paré, borrowed information on the
subject from many sources.
The second, most outstanding feature concerning human monsters in the sixteenth
century, as well as in the seventeenth century, was the fact that they were
shown in Europe. Human monsters travelled in Italy, Germany, France, England,
and generally received money for their exhibitions. Among them, conjoined twins
were very famous and drew in large crowds. At that time also in Europe, many
illustrations of monsters were disseminated, not only in books but also in
fascicules and on broadsides. These illustrations depict human and animal
monsters, as well as extraordinary monsters which were half human and half
animal, or a strange combination of parts of various animals.
The third main feature of the conception of birth defects in the sixteenth
century was that monsters and generation were not always closely linked. True,
the amazing appearance of a monster is a rupture in the theory of generation
derived from Aristotle asserting the 'reproduction of the same' from one
generation to another.
Part one of my paper highlights the
limitations of efforts to explain the generation of monsters in the sixteenth
century. I examine in particular the works of Jacobus Rüff (Rueff) and Ambroise
Paré in this context. Part two sketches the new way of investigating monsters
that appeared in some medical writings from the very beginning of the
seventeenth century. I take into account the split between medicine and
theology, and I emphasize the rise of embryology with Fabricius of
Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente). Part three shows the shifts of
attitudes that occurred towards nature and generation with the investigations
of nature and the 'principle of life' in the works of René Descartes.
Descartes' mechanist account of the formation of the fetus in his Primae
cogitationes circa generationem animalium, and in a much precise way, in the four parts of La Description du
corps humain (The Description of the Human Body) eradicate the themes, widely spread in medical
treatises, on the one hand of the soul considered as the 'principle of life'
and on the other hand of the 'astral' or 'divine' heat that was supposed to be
found in the heart as well as in the male semence. Descartes' assertions on
these subjects are all the more original when compared to Harvey's treatise On
the Generation of Animals, (Exercitationes
de generatione animalium) published
one year after Descartes' death.
-Keywords: Nature and her 'secrets', the
mystery concerning the role of the organs of generation, ovaries, human matrix
or human uterus, male seed, sperm, generation of monsters, conception,
embryology, soul principle of life, heart principle of life, the principal organs in the human body, mechanism, vitalism,
William Harvey's debt to both Aristotle and Fabricius of Aquapendente
-Authors quoted: Aristotle, Galen, Saint
Augustine; Vesalius, Rüff or Rueff, Ambroise Paré; Martin Weinrich, Caspar
Bauhin, Du Laurens (Laurentius), Riolan (the Younger), Johann Schenck, Johann
Georg Schenck, Liceti; Fabricius of Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente),
René Descartes, William Harvey...
-"Ravaisson
et la philosophie de la médecine",
in L'épistémologie française, 1830-1970, sous la direction de Michel Bitbol et de Jean Gayon, livre paru aux
P.U.F., début juin 2006, p. 413- p. 430.
Résumé: Après un rappel de la biographique de
Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) et de sa bibliographie, l'article étudie
le contexte philosophique et médical de la publication de De l'Habitude (1838), ainsi que ses liens avec le Rapport sur la philosophie en
France au dix-neuvième siècle (1868)
et Métaphysique et morale (1893).
L'analyse de la philosophie de la vie dans les textes de Ravaisson montre la
place importante qu'y occupe la philosophie de la médecine.
L'article souligne l'influence d'Aristote et
de la méthode psychologique prônée par Victor Cousin, ainsi que celle des
médecins vitalistes et animistes cités par Ravaisson: Stahl, Barthez, Bichat,
Buisson. Il commente l'importance du vocabulaire de la médecine dans les textes
de Ravaisson, en particulier du vocabulaire de la pathologie, lié aux
références à Van Helmont et à Sydenham.
Il étudie l'animisme de Ravaisson et sa
dénonciation constante du mécanisme cartésien et surtout du matérialisme en
médecine représenté par les textes de La Mettrie, de Cabanis, de Broussais et
de Gall.
Il montre que les écrits de Ravaisson ouvrent
la voie à Bergson et à Canguilhem.
-Mots clés: De l'Habitude (1838), Rapport sur la philosophie en France au
dix-neuvième siècle (1868); Métaphysique
et morale (1893); vie, âme, principe
de vie, principe vital, âme pensante, psychologie, conscience; méthode
psychologique; médecins vitalistes et animistes: Stahl, Barthez, Bichat,
Buisson; vocabulaire médical utilisé par Ravaisson, notamment celui de la
pathologie avec les références à Van Helmont et à Sydenham; dénonciation du
mécanisme cartésien et surtout du matérialisme en médecine.
-Auteurs cités: Aristote; Van Helmont;
Descartes; Leibniz; Thomas Sydenham; Georg-Ernst Stahl; Paul-Joseph Barthez,
Xavier Bichat, Mathieu François-Régis Buisson; Francisque Bouillier; Victor
Cousin; Maine de Biran; Gall, Broca, Vulpian; Claude Bernard; Bergson; Georges
Canguilhem...
- "Médecine
et méthode chez Descartes", in :
Conceptions de la science : hier, aujourd'hui et demain. Hommage à Marjorie Grene, sous la direction de Jean Gayon et Richard M. Burian,
2007, Editions Ousia (Bruxelles, diffusion Librairie philosophique Vrin, place
de la Sorbonne), p. 167-190. Recueil faisant suite au colloque d'hommage
organisé à l'Université de Bourgogne en octobre 1997, en l'honneur de Marjorie
Grene, par Virginia Polytechnic Institute and State University, Blacksburg,
U.S.A., et Université de Bourgogne, Dijon.
Résumé de l'article: Selon Descartes, la
méthode "consiste plus en pratique qu'en théorie". L'article analyse
la pratique de la méthode en médecine dans la cinquième partie du Discours
de la méthode, en détaillant
l'analyse cartésienne du mouvement du coeur. Il analyse aussi cette pratique
dans la Dioptrique, un des Essais de la méthode, où Descartes traite de la vision d'une
façon inédite en insistant sur le rôle des nerfs optiques.
La pratique cartésienne de la méthode rompt
avec la tradition médicale, où la méthode a sa place. La pratique de la
méthode, indissociable du mécanisme corporel, transforme le contenu du discours
médical et permet à Descartes de fonder une nouvelle anthropologie.
- Mots clés: contexte médical, explication
cartésienne du mouvement du coeur qui inclut la découverte de la circulation du
sang par William Harvey; analyse et enjeux de la controverse avec Harvey sur la
cause du mouvement du coeur; analyse de l'approbation par Descartes de la
circulation du sang avec mise en avant des "preuves" expérimentales
de Harvey et abandon du cadre conceptuel aristotélicien dans lequel Harvey a
inséré sa brillante découverte.
Méthode et rupture avec la tradition
aristotélicienne, alors si importante en médecine.
Méthode et rupture avec l'influence de
Galien.
Méthode et rupture avec la tradition médicale
des louanges à la Nature.
Méthode et mécanisme corporel. Méthode et
unité de l'homme. Analyse de la vision.
Méthode et mise à mal de l'anthropocentrisme
dans les traités médicaux.
Méthode et fondation d'une nouvelle
anthropologie.
Influence de la méthode cartésienne en
médecine.
Auteurs cités, outre Descartes: Aristote, Galien,
Du Laurens (Laurentius), Jean Riolan (fils), William Harvey (De motu cordis
et sanguinis in animalibus),
Plempius, Regius, Dionis, Jean Martet, Guy de Chauliac (La Grande Chirurgie, citée dans une édition de 1672 publiée à Bordeaux).
- "L'Anthropologie cartésienne et la médecine", article paru dans le troisième numéro de l'année 2007
de la Revue Philosophique de la France et de l'étranger (Juillet-septembre 2007) consacré à la publication
des Actes de la journée d'hommage à l'oeuvre de Geneviève Rodis-Lewis,
organisée par le Centre d'études cartésiennes (Université de Paris Sorbonne,
Paris IV), qui s'est déroulée le 11 juin 2005 en Sorbonne (salle Louis Liard).
Résumé: L'anthropologie cartésienne est un recueil d'articles publiés par Geneviève
Rodis-Lewis de 1955 à 1990 et remaniés. Les thèses principales concernent les
développements que le thème de l'homme a suscités, de Descartes à Malebranche.
Deux aspects constitutifs de l'anthropologie cartésienne sont privilégiés:les
sensations et le langage, d'où l'accent mis sur l'union de l'âme au corps et
sur l'unité de l'homme, plus que sur le dualisme. L'ouvrage aborde aussi la
question médicale des origines de la transfusion, grâce à un écrit de
Desgabets. Le chapitre sur les limites du modèle mécanique se trouve prolongé
par l'étude des modèles mécaniques dans leur contexte médical. La comparaison
entre le corps humain et une machine est un élément essentiel de la méthode
cartésienne appliquée à la médecine, parce qu'elle est liée à la réflexion
novatrice sur le "principe de vie".
Auteurs cités, outre Descartes et
Malebranche: Louis de La Forge, Gérauld de Cordemoy, Bernard Lamy, Wallis;
Vésale, Harvey, Dom Robert Desgabets, Richard Lower, Thomas Willis, Christopher
Wren, La Martinière; André Du Laurens, Jean Riolan (fils)
Commentateurs cités, outre Geneviève
Rodis-Lewis: F. Bouillier; O. Hamelin, J. Maritain, G. Gusdorf, Jean Laporte,
Etienne Gilson, Martial Gueroult, Georges Canguilhem
Abstract: L'anthropologie cartésienne (Paris, P.U.F., 1990) is a collection of articles
published by Geneviève Rodis-Lewis from 1955 to 1990 and revised. The main
theses concern the developments kindled by the theme of Man from Descartes to
Malebranche. Two constituent aspects of Cartesian anthropology are highlighted
: sensations and language. That is why emphasis is given to the union of the
soul with the body and to the unity of Man, more than to dualism. The work also
deals with the medical issue of the origins of transfusion, thanks to a text by
Desgabets (Dom Robert Desgabets). The chapter dealing with the limits of the
mechanical model is protracted by the study of mechanical models in their
medical context. The comparison between the human body and a machine is a
crucial element of Cartesian method applied to medicine because it is linked to
the innovative reflection on the "principle of life".
- "La vie et les modèles
mécaniques dans la médecine du dix-septième siècle. Descartes face à la tradition médicale et aux
découvertes de William Harvey." in Questions vitales, vie biologique,
vie psychique, F. Monnoyeur (éd.),
Kimé, Paris, février 2009, p. 47-81.
II) Articles publiés dans la revue Dialogues de Descartes de l'Université Paris Descartes et
repris sur le site web de l’Université Paris Descartes (Paris V, René Descartes):
Descartes, un esprit universel
Descartes et la médecine
Descartes et la princesse Elisabeth
Descartes et la reine Christine de Suède
Descartes et Poussin
Descartes et Corneille
Descartes et Molière
Descartes et Racine
Descartes et La Fontaine
Descartes et Pascal
Descartes et Galilée
III) Articles dans le Dictionary of
Seventeenth-Century French Philosophers, general editor: Luc Foisneau, Thoemmes Continuum, New
York, 2008:
Articles sur:
Caspar Bauhin (Bauhinus) (
17 janvier 1560-5 décembre 1624), (second fils du médecin français Jean
Bauhin).
Pierre Dionis (1643-11
décembre 1718),
André Du Laurens
(Laurentius) (9 décembre 1558-16 août 1609),
Raymond Vieussens (vers
1635-16 août 1715)
IV) Travaux actuellement poursuivis :
- Editions annotées de l'ensemble des textes
médicaux de Descartes: L'Homme, la
cinquième partie du Discours de la méthode, l'intégralité de La Description du corps humain, la traduction et l'annotation des Primae
cogitationes circa generationem animalium et de la totalité des Excerpta anatomica, à paraître chez Gallimard dans les Œuvres complètes de Descartes, sous la direction de Jean-Marie
Beyssade et Denis Kambouchner (bibliothèque de La Pléiade et collection de
poche Tel).
Le premier volume des Œuvres complètes de René Descartes dans la collection de poche Tel des
éditions Gallimard, en fait le
volume III, Discours de la Méthode et Essais, dans le plan de cette nouvelle édition critique, est
paru le 17 septembre 2009.
- Edition critique du De motu cordis et
sanguinis in animalibus de William
Harvey, (Les Belles Lettres).
- Travaux sur les monstres (textes et
iconographie).
V) Principales participations à des
colloques et conférences en France et à l'étranger, qui n'ont pas fait l'objet
de publications:
- Colloque international de
Vianden-Luxembourg, 30 juin-3 juillet 1991, sur le thème Tradition et
émancipation. Conférence sur William Harvey, René Descartes: continuité et
rupture par rapport à la tradition médicale (Hippocrate, Aristote, Galien).
- Journée La science chez Descartes, 24 octobre 1992, Descartes, (Indre et
Loire, ville natale de René): Exposé sur Descartes et la médecine de son temps,
avec insistance sur la cohérence de l'attitude de Descartes, face d'une part à
la tradition médicale encore vivace au dix-septième siècle, et d'autre part au
livre de W. Harvey: Exercitatio de motu cordis et sanguinis in animalibus, paru en 1628.
- Célébration du quatrième centenaire de la naissance de Descartes, Cité des
Sciences et de l'Industrie de La Villette, Paris, 12 octobre 1996:
Communication sur Descartes, les sciences, le choix de la langue française et
la recherche d'un nouveau public.
- La Villette, 23 novembre 1996, second après-midi de commémoration de
Descartes, Cité des sciences et de l'Industrie: Exposé sur Descartes, Harvey et
la médecine, suivi d'une discussion avec le public.
- Commémoration de l'anniversaire de la naissance de Descartes par l'université
d'Oxford (Grande Bretagne) et la Philosophical Society, Oxford, 19 et 20 octobre
1996, week-end sur Descartes: Philosopher-Scientist. Communication sur
Descartes, Harvey and Renaissance Medicine.
- Participation à l'émission de France culture La science et les hommes,
sur Descartes, l'oeuvre scientifique, diffusion: mercredi 13 novembre 1996.
- Mini-université de Boulogne-Billancourt, 4 février 1997, exposé suivi de
questions sur le thème: Dualisme et unité de l'homme chez Descartes.
- Séminaire équipe REHSEIS, UPR 318, 22 avril 1997, exposé sur Descartes
et Harvey: la révolution médicale du XVIIe siècle et ses enjeux.
- Université Catholique de Louvain, Centre
d'Etude pour l'Histoire de la Pharmacie et du Médicament, (maintenant dans
l'agglomération bruxelloise, en raison de la partition de l'université de
Louvain et du transfert des unités médicales et pharmaceutiques francophones),
24 mai 1997, salle Albert Couvreur: "Descartes et la médecine" (les
sources de Descartes en anatomie, notamment André Vésale; Descartes et sa
conception du coeur et du mouvement du coeur; Descartes et sa diffusion de la
circulation du sang découverte par W. Harvey).
- Palais de la Découverte (Paris), dans le cadre de l'exposition Entre Art
et Science, la Création, 16 décembre
1997, conférence ayant donné lieu à un enregistrement: Entre art et science, la
leçon d'anatomie: iconographie de Vésale à Rembrandt.
- ENS (rue d'Ulm), séminaire de Michel Serfati: Conférence sur La
représentation du corps à l'âge classique, 19 novembre 1997.
- Journées d'études des 19 et 20 mars 1999
sur la Correspondance entre Descartes et la princesse Elisabeth, organisées au Centre culturel de Descartes par le
Centre d'études en rhétorique, philosophie et histoire des idées, de
l'humanisme aux lumières, (CERPHI) de l'E.N.S. de Fontenay/ Saint-Cloud
(ENS-LSH de Lyon) et l'université de Rennes I: "La raison plutôt que les
remèdes": les thèmes médicaux de la correspondance et leurs enjeux
philosophiques et médicaux.
- E.N.S. de Fontenay-Saint Cloud, 17 décembre 1999, journée de préparation
agrégation de philosophie, puis séminaire de l'équipe Savoirs et Textes de
l'U.M.R. 8519, C.N.R.S., Université de Lille 3, 13 janvier 2000, exposé sur La
place de la médecine dans l'oeuvre de Descartes.
- Centre culturel de Descartes, Colloque international du 9 septembre 2000 sur
Descartes et la religion, exposé sur la religion dans les traités de médecine
de Vésale à Harvey.
- Colloque organisé par l'I.R.E.M. de l'Université Paris VII (Paris Diderot),
les 6 et 7 juin 2001, à l'Institut Henri Poincaré, sur Les modèles de la
science au XVIIe siècle: Exposé sur
Les modèles en médecine au dix-septième siècle.
- Continent Sciences, Itinéraires de sciences, diffusion sur France Culture,
émission Une Histoire du Cerveau, réalisée par Jacques Coget. Intervention sur
le cerveau chez Descartes et chez Willis, diffusion 11 mars 2004.