Principaux articles publiés par Annie Bitbol-Hespériès et travaux en cours

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I)             Principaux thèmes abordés dans les articles publiés :

--Thèmes des articles :

Sur le thème des rapports entre philosophie et médecine à la Renaissance et au dix-septième siècle, sur le dualisme de l’âme et du corps, sur la médecine et l’unité de l’homme selon Descartes, sur l’explication de la douleur, en particulier des amputés (douleur des membres fantômes), sur les rapports entre médecine et anthropologie. Sur l’étude médicale et philosophique de La nature de l’homme. Sur l’anthropologie et la médecine.

Sur les sources renaissantes de la pensée médicale de Descartes, sur l’héritage de Vésale (« Vésale et les autres », Caspar Bauhin et Fabrice d’Acquapendente...), sur l’approbation cartésienne de la découverte de la circulation du sang par William Harvey, la controverse avec Harvey sur la cause du mouvement du coeur, sur l’aristotélisme et la médecine, les analogies et correspondances en médecine.

Sur la métaphore entre le coeur et le soleil dans les traités de médecine de la Renaissance et dans le traité de Harvey de 1628 sur le mouvement du coeur et du sang (Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus). Pas de trace d’influence de Copernic ou de Galilée sur Harvey. Au contraire, Descartes rallié aux « nouveaux astronomes » dans Le Monde, non publié en raison de la condamnation de Galilée.

Sur le rejet cartésien de la métaphore du coeur soleil.

Sur les songes de Descartes et sa vocation.

Sur la mélancolie dans les lettres à la princesse Elisabeth de Bohême et sur les sources médicales de Descartes au sujet des cas de mélancoliques évoqués dans la première des Méditations Métaphysiques et dans le dialogue inachevé La recherche de la vérité par la lumière naturelle. Sur l’affection mélancolique et la folie. Sur l’usage de la raison plutôt que des remèdes.

Sur l’anthropologie cartésienne et son influence sur l’anthropologie de Hobbes. Sur la vision chez Descartes et Hobbes, et sur les yeux des « regardants ».

 

Sur les monstres et les jumeaux joints de la Renaissance aux Lumières, (seizième siècle, dix-septième siècle, dix-huitième siècle, et, en conclusion, évocation de la situation au début du dix-neuvième siècle). Sur la variété des jumeaux joints (jumeaux conjoints ou jumeaux soudés, et pas seulement les « siamois »). Sur la génération des monstres, la génération des jumeaux joints, les liens entre médecine et philosophie, entre médecine et téléologie, entre médecine et théologie, la Nature, Dieu, les attributs divins, les desseins divins.

Sur Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) et la philosophie de la médecine.

Sur le lien entre médecine et méthode chez Descartes.

Sur les modèles mécaniques et mécanistes en médecine : modèles mécaniques dans la tradition médicale et usage de ces modèles par Descartes. Sur le mécanisme, les âmes et facultés dans les traités de médecine, et le principe de vie.

Sur des errata dans les textes latins biomédicaux de Descartes (AT XI). Ces errata concernent des fragments des Primae cogitationes circa generationem animalium et des Excerpta anatomica (Anatomica quaedam ex Manuscripto Cartesii), fragments portant notamment sur les comptes rendus des dissections de Descartes recopiés par Leibniz et d’abord édités par Foucher de Careil, puis par Adam et Tannery.

Sur la primauté accordée au Traité de L’Homme par rapport au « second Traité » : la Description du corps humain, dans l’édition parisienne de 1664 par Clerselier. L’article s’attache au contexte de la rédaction des Préfaces de Clerselier et Schuyl, et aux Remarques de Louis de La Forge, ainsi qu’au contenu des deux textes de Descartes.

Sur l’identification d’une nouvelle source dans les textes biomédicaux de Descartes, fournissant, parmi d’autres, une explication de « f. 804 » (AT XI, 607), et de « 728 » (AT XI, 644), dans les Excerpta anatomica copiés par Leibniz : les Observationes de Johannes Schenck.

 

Keywords in my published papers dealing with history and philosophy of medicine in context, as well as philosophy in context : Links between Medicine and Philosophy, Cartesian Medicine, Cartesian Anthropology, Descartes’ Dualism, Descartes’s Medicine and the Unity of Man, Cartesian explanation of pain, in particular phantom limbs, Medicine and Anthropology, Descartes’ medical and philosophical study of the Nature of Man.

Cartesian Renaissance sources in medicine, Vesalius’s Legacy (« Vezalius and the others », Caspar Bauhin, Fabricius of Aquapendente, ...), Descartes’ approval and rewriting of the discovery of the Circulation of the Blood by William Harvey, Descartes’ controversy with Harvey about the explanation of the mouvement of the heart, Aristotelism and medicine, analogies in medicine.

On the metaphor of the heart being like the sun in medical treatises and in Harvey’s treatise about the study of the movement of the heart and the blood (Exercitatio anatomica de motu cordis in animalibus). No influence of Copernicus or Galileo in Harvey’s use of the metaphor of the heart being like the sun. On the contrary, in Le Monde (The World) Descartes wanted to draw information from the most recent sources : from Copernicus to Galileo, and the condemnation of Galileo’s Dialogue on the Two chief World Systems, by the Congregation of Cardinals established to censor books, caused him not to publish his book.

On the Cartesian rejection of the Harveian heart sun metaphor.

On Descartes’ dreams.

About melancholy in the letters to Princess Elizabeth of Bohemia. On the medical sources of the examples of « madmen, whose brains are so damaged by the persistent vapours of melancholia... » in the First of the Meditations on First Philosophy and in The Search for Truth by Means of the Natural Light. About melancholy and madness. On the importance of reason rather than remedies.

Descartes’ anthropology and its links with Thomas Hobbes’ anthropology (with the De Homine in particular), theories of vision in Descartes’ works and in Hobbes’ works, the eyes of the « onlookers ».

About Monsters and Nature, Monsters and Generation, monsters and medicine, monsters and philosophy, monsters and theology, monsters and teleology.

About Monsters and conjoined twins from the Renaissance to the Enlightenment, the generation of monsters, the links between medicine and philosophy, between medicine and teleology, between medicine and theology, Nature, God, the divine attributes, the divine designs.

Conjoined Twins and their variety, conjoined twins and generation, conjoined twins and dissection, conjoined twins and their psychology...

On Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) and the importance of medical references in his works.

On the link between Cartesian medicine and method in the Discourse on the Method and in the Optics (Dioptrics).

On the mechanical models in medicine and in Descartes’writings. On mecanism, souls and faculties in medical treatises, and on the vital principle (principle of life).

About some errata in various Anatomical texts published in the Adam and Tannery edition of Descartes’Works, Oeuvres de Descartes, texts being given at AT XI. These errata deal with some extracts of the Primae cogitationes circa generationem animalium and of the Excerpta anatomica (Anatomica quaedam ex Manuscripto Cartesii, Descartes’ Excerpts Leibniz copied or had copied in Paris, first edited by Foucher de Careil, then by Adam and Tannery).

About the Primacy of L’Homme (Treatise on Man) compared to The Description of the Human Body in the 1664 Parisian edition by Clerselier ». This paper deals with the context of the Prefaces of Clerselier and Schuyl and the Remarques by La Forge as well as with the content of the two texts by Descartes. 

Unveiling a significant reference in Descartes’ biomedical writings in the Adam and Tannery edition of Descartes’Works, AT XI, providing, among others, an explanation of « f. 804 » (AT XI, 607), and of « 728 » (AT XI, 644), in the Excerpta anatomica copied by Leibniz : the Observationes by Johannes Schenck.

About the legacy of the Hippocratic Treatise « On the Nature of Man », commented by Galen: From Descartes’ Treatise on Man to the Description of the Human Body, the Physiology of the Passions of the Soul. Paper published in Les Passions de l’âme et leur réception philosophique, Editors : Giulia Belgioioso andVincent Carraud, Brepols, Collection The Age of Descartes, September 2020, p. 67-100.

 

--Titres et références des articles, Titles of the papers :


- Le principe de vie dans les Passions de l’âme, Revue Philosophique, P.U.F., N° 4, octobre-décembre 1988, p. 415-431.

- Leibniz et la question de l’individuation, in Le problème de l’individuation, essais réunis par le Père Pierre-Noël Mayaud, Vrin, 1991, p. 79-104.

- Le dualisme dans la correspondance entre Henry More (Morus) et Descartes, in Autour de Descartes, Le dualisme de l’âme et du corps, ouvrage publié par J.-L. Vieillard-Baron, Vrin, 1991, p. 141-158. (Actes du colloque organisé par l’Université de Tours et qui s’est tenu à Descartes, ville natale de René Descartes, au Sud de la Touraine, en octobre 1989).

Résumé: Au moment où il adresse sa première lettre latine à Descartes, le 11 décembre 1648, Henry More, platonicien de Cambridge, a déjà publié Psychozoïa Platonica or a Platonical song of the soul (La vie de l’âme platonicienne ou le chant platonicien de l'âme),1642, texte repris en 1647 dans les Philosophical Poems avec, par exemple, le poème Psychatnasia, et Democritus Platonissans or an Essay upon the infinity of worlds out of Platonick Principles, 1646, également réédité dans les Philosophical Poems de 1647. Ces textes, où érudition et préoccupation religieuse sont manifestes, ne constituent que le début d’une oeuvre immense.
Dans Psychozoïa Platonica, Henry More relate sa quête spirituelle sous la forme d’un journal mystique et allégorique, écrit quelques années avant qu’il ne soit publié, et inspiré d’une de ses lectures favorites, The Faerie Queene d’Edmund Spencer, où se rencontrent néoplatonisme et éléments tirés des Kabbalistes chrétiens. More aborde, à partir de l’histoire de son âme, des questions métaphysiques et théologiques comme celles de l’immortalité de l’âme (thème qui donnera son titre, en 1659, à un nouvel ouvrage de More, dans lequel il citera et discutera Descartes), de l’origine de la vie, des rapports entre Dieu et le monde. Ce texte complexe est nourri de sources multiples, notamment hébraïques et grecques. Parmi celles-ci, notons l’influence de Platon, en relevant que More, qui connaît le grec, s’y réfère à travers les traductions latines de Marsile Ficin, ce qui signifie que des conceptions plotiniennes et des doctrines ésotériques viennent s’y ajouter.
Dans Democritus Platonissans, More expose la théorie de la réalité et de l’infinité de l’espace, infinité qui est liée à l’omniprésence divine sur le plan cosmologique. La référence à Démocrite a d’ailleurs, comme de façon plus générale l’appel aux atomistes de l’Antiquité (c’est le cas dans la correspondance avec Descartes où Démocrite, Lucrèce et Epicure sont cités) un but double: préserver la distinction entre l’espace et les choses qui sont dans l’espace, tout en rejetant la métaphysique matérialiste qui la sous-tend. Ce texte, où More cite Descartes, préfigure leur débat épistolaire, relatif à l’identité posée par Descartes entre l’espace et la matière, que récuse sans cesse Henry More. De même, la question de l’infinité de l’espace, évoquée dans ce livre, se retrouve dans la discussion opposant le professeur de Cambridge au philosophe français, Descartes distinguant entre l’étendue indéfinie de la matière et le caractère infini de Dieu.
Par rapport aux ouvrages publiés par le plus célèbre des Cambridge men avant qu’il n’écrive à Descartes, on peut s’étonner de l’éloge que More adresse à Descartes, au début de la première lettre qu’il lui envoie: « tout ce qu’il y a jamais eu de grands philosophes et d’intimes confidents des secrets de la nature, n’étaient que des nains auprès de vous ». Il est vrai qu’après avoir noté que ce qu’a écrit Descartes dans les « Principes, et dans ses autres ouvrages, est d’une si grande justesse, d’une beauté si bien proportionnée et d’une conformité si parfaite avec la nature, qu’il n’est pas possible de procurer un spectacle plus agréable à l’esprit et à la raison humaine », More poursuit par un « sed », (cependant), qui marque le point de départ de la discussion épistolaire entre les deux correspondants et de leur désaccord. Désaccord que More, dans son souhait d’inclure Descartes dans la tradition de la philosophia perennis, estompe en ajoutant que les difficultés qu’il soulève « ne portent point coup au fond de sa philosophie » (AT, V, 237-238).
Pourtant, le premier point que conteste More porte sur la définition cartésienne de la matière. Ce point de désaccord est donc fondamental, comme est fondamental le refus chez Henry More d’admettre les animaux-machines, la disjonction cartésienne opérée entre l’âme et la vie, et la définition cartésienne de la vie par la chaleur du coeur.
L’article expose donc les termes et les enjeux de ces profonds désaccords entre Descartes et More ainsi que les enjeux de la définition cartésienne de la vie, en soulignant sa radicale nouveauté sur un double registre, puisqu’elle associe la découverte de la circulation du sang à une explication intégralement mécaniste de la chaleur du coeur conçue comme « principe de vie ». Il montre l’influence du débat épistolaire avec Descartes sur les écrits ultérieurs de Henry More.

-mots-clés: vie, principe de vie (principe vital), âme, dualisme, chaleur du coeur, circulation du sang, conarion (conarium) ou glande pinéale, théories panpsychiques, âme du monde, « vie du monde ».


- Descartes et Regius : leur pensée médicale, in Descartes et Regius, Autour de L’Explication de l’esprit humain, édité par Theo Verbeek, éditions Rodopi, Amsterdam-Atlanta, 1993, p. 47-68. (Actes du colloque organisé par la Faculté de Philosophie de l’Université d’Utrecht et la Maison Descartes d’Amsterdam, qui s’est tenu à la Maison Descartes d’Amsterdam en octobre 1991).

Résumé: Cet article montre l’influence de Descartes sur un de ses disciples (plus proche chronologiquement de Descartes que Malebranche ou Leibniz, mais moins prestigieux) : le médecin Henri de Roy, dit Henricus Regius. Il démontre l’importance de Descartes sur l’enseignement médical dispensé par Regius à l’université d’Utrecht, à partir d’une analyse de la Physiologia de 1641. Ce texte, Physiologia sive cognitio sanitatis (Physiologie ou connaissance de la santé) réunit des thèses latines de médecine, soutenues sous la direction de Regius à l’université d’Utrecht. Son analyse permet d’apprécier l’influence du Discours de la méthode et des Essais, en particulier de la Dioptrique, aux Pays-Bas. Elle permet en outre de cerner l’originalité de la médecine de Regius par rapport à celle de Descartes, et de voir l’influence des disputations de la Physiologia sur les ouvrages ultérieurs de Regius, notamment les Fundamenta physices de 1646, chapitres 10 (De animalibus) et 12 (De homine), le traité de Médecine en quatre livres de 1647, Fundamenta medica, et la Philosophia Naturalis de 1654 et 1661, aux livres IV (De animalibus) et V (De homine) en particulier. Ce dernier livre constitue une édition complétée des Fundamenta Physices et Regius inclut aussi des emprunts aux Passions de l’âme de Descartes.

-mots-clés: correspondance entre Descartes et Regius, physiologie, nature de l’homme, âme de l’homme, cerveau, divisions intra-cérébrales, concavités du cerveau, sens internes, sens commun, glande pinéale ou conarion ou épiphyse, que Descartes distingue soigneusement de l’hypophyse ou glande pituitaire, nerf optique, esprits animaux, « feu sans lumière » dans le coeur, circulation du sang,

- Réponse à Vere Chappell (Amherst, Massachusetts), sur l’homme cartésien et l’union substantielle, p. 427-447, in Descartes, Objecter et répondre, livre publié sous la direction de Jean-Marie Beyssade et Jean-Luc Marion, Paris, P.U.F., 1994. (Actes du colloque « Objecter et Répondre », organisé par le Centre d’études cartésiennes, en Sorbonne et à l’Ecole Normale Supérieure du 3 au 6 octobre 1992, à l’occasion du 350e anniversaire de la seconde édition des Méditations.)

- Les Olympica et la vocation scientifique de Descartes, p. 47-71, in Romanica Gandensia, XXV, numéro consacré aux Olympiques de Descartes, Etudes et textes réunis par F. Hallyn, Droz, 1995. (Actes d’une Journée d’études sur les Olympica organisée à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Gand, le 5 mars 1993).

Résumé: Au cours de sa halte dans le « poêle » (pièce chauffée par un poêle de faïence, par opposition aux cheminées enfumées), à Neuburg, sur les bords du Danube, Descartes a eu trois songes. Aucun élément des songes de novembre 1619 ne permet de dire que Descartes s’est intéressé à la médecine à partir de ce moment ni d’affirmer qu’il a évoqué les conceptions médicales liées aux Rose-Croix.

Pour tenter de comprendre les Olympica, c’est-à-dire aussi bien le texte de la transcription des fameux songes, que les notes du petit registre, il me semble qu’il faut également étudier la correspondance échangée entre le départ de Beeckman et celui de Descartes, et notamment les cinq lettres que Descartes a rédigées pour Beeckman entre le 24 janvier 1619 et le 29 avril 1919.

Alors, des thèmes apparaissent, qui relient les recherches menées avec Beeckman et les songes du 10 novembre 1619, mais qui montrent surtout un écart considérable: celui imputable à la prise de conscience de la vocation scientifique d’un homme qui seul parvient à s’élever aux pensées les plus hautes, celles dont témoignent le choix des termes de Parnassus et d’Olympica.

Le thème de la solitude, la possibilité d’accéder aux pensées les plus hautes et le grand rôle joué par le Corpus poetarum, dans le troisième songe et dans son interprétation, constituent un faisceau d’indices permettant de rattacher les Olympica à l’histoire de la mélancolie. L’importance que Descartes accorde alors à l’imagination, l’alternance de phases d’enthousiasme et d’abattement, d’inspiration et d’oisiveté, vécue par Descartes dans la solitude, -alternance qui correspond à « l’ambivalence de la nature mélancolique » bien définie dans Saturne et la Mélancolie-, ainsi que le rôle accordé aux mathématiques dans le Parnassus et dans les Praeambula, viennent conforter cette proposition d’interprétation.

Descartes affirme sa vocation: celle d’un homme qui, parti des mathématiques, s’ouvre seul à la réforme des sciences, en ôtant les « masques » des sciences particulières afin de mettre en évidence leurs liens dans la « catena scientiarum ». La vocation scientifique est pensée par rapport à la création poétique et l’inspiration des poètes fournit le modèle qui guide le jeune Descartes en lui donnant confiance pour élaborer seul une « science aux fondements nouveaux ».

- Anthropologie et médecine, p. 58-61 du Magazine Littéraire, avril 1996, numéro 342 intitulé Descartes, les nouvelles lectures.

- Connaissance de l’homme, connaissance de Dieu, p. 507-533, in Les Etudes Philosophiques, 1996, numéro 4, consacré à La question de l’homme, de Descartes à Malebranche.

Résumé de cet article : Pour Descartes, l’homme est composé d’une âme et d’un corps, qui doivent être unis pour composer un « vrai homme ». L’élimination des fonctions non intellectuelles de l’âme forme le motif de la médecine cartésienne et la conception cartésienne de l’homme est novatrice dans son affirmation de l’âme raisonnable autant que dans sa manière d’envisager le corps. Car Descartes pose la question de l’homme dans le contexte de la tradition médicale, qu’il connaît, et à laquelle il s’oppose régulièrement. S’il prend le thème du « connais-toi toi-même », invoqué depuis le seizième siècle pour justifier l’étude de l’anatomie, Descartes l’utilise de façon profondément originale. En effet, son invocation du « connais-toi toi-même » est détachée des louanges adressées au Créateur, dont témoigne le tableau de Rembrandt, L’anatomie du Dr Tulp, peint à Amsterdam au moment où Descartes rédige la partie du Monde consacrée à L’Homme. De même, Descartes dissocie son invocation du précepte « connais-toi toi-même » du contexte de macabre moralisant illustré par les bannières que portent les squelettes articulés dans le fameux amphithéâtre d’anatomie de Leyde.

Abstract: According to Descartes, man is composed of a soul and a body that need to be joined to compose a « real man ». The eradication of the non-intellectual functions of the soul constitutes the philosophical motive of Cartesian medicine, and Descartes’ conception of man is a new one, with its affirmation of a rational soul, as well as in its way of considering the body. Descartes indeed raised the question of man in the context of the medical tradition. When Descartes quoted the ancient theme of « Know thyself », which had medical application from the sixteenth century onwards, in order to justify the study of the human body, he did so in a very original way. Descartes did not quote such a theme in relation to the praise of God, an illustration of which can be found in Rembrandt’s famous painting Anatomy of Dr Tulp, painted in the year 1632 in Amsterdam at the very moment when Descartes was writing his treatise on Man. Descartes also dispensed with the gruesome moralizing, an example of which could be found on the banners held by the skeletons standing around the galleries of the famous anatomical theater at Leiden.

-mots-clés: âme, corps, anthropologie; Descartes et l’étude de l’anatomie; le « connais-toi toi-même », nosce te ipsum, ses significations et enjeux dans les leçons d’anatomie (dissections publiques) et les traités d’anatomie; le corps microcosme; Vésale, De humani corporis fabrica ; Rembrandt, Leçon d’anatomie du Docteur Tulp; les vanités.

- La médecine et l’union dans la Méditation sixième, p. 18-36 dans l’ouvrage collectif Union et distinction de l’âme et du corps : lectures de la VIe Méditation, publié chez Kimé en 1998, sous la direction de D. Kolesnik-Antoine. (Actes de la Journée d’études organisée le 15 novembre 1997, salle Louis Liard, en Sorbonne).

Résumé: Ce texte prolonge deux de mes articles précédents: d’abord, la Réponse à Vere Chappell, ensuite « Connaissance de l’homme, connaissance de Dieu », en étudiant les thèmes médicaux contenus dans la sixième des Méditations métaphysiques et en les replaçant dans leur contexte médical et chirurgical. L’article expose la conception cartésienne de l’union de l’âme au corps qui repose sur l’interprétation de faits médicalement constatés, notamment l’explication de l’illusion des amputés ou douleur des membres-fantômes. L’analyse cartésienne de la douleur des amputés dans la Méditation VI développe d’une part, les acquis du discours quatrième de la Dioptrique et d’autre part, l’exemple de la jeune fille qui se plaint de douleurs dans les doigts, alors qu’on lui cache son amputation de la main, -exemple que Descartes a cité dans la lettre à Froidmont (Fromondus) du 3 octobre 1637 et qu’il reprend dans les Principes de la philosophie. Dans la Méditation VI, l’exemple de l’illusion des amputés joue un rôle important, puisqu’il permet à Descartes de montrer que la mutilation d’une partie du corps n’affecte en rien l’unité de l’âme. Son explication « physique » est un remarquable échantillon du caractère novateur des thèses cartésiennes en médecine, parce que la douleur des membres fantômes ne parvenait pas à être expliquée dans les traités de chirurgie, ceux d’Ambroise Paré ou de Fabrice d’Acquapendente, par exemple.

-mots-clés: médecine et union, sensations, douleur, illusion des amputés, douleur des membres fantômes, cerveau, nerfs, glande pinéale, union de l’âme au corps, leçon d’anatomie et thème de la dignité de l’homme, la main et l’histoire de la médecine.


- Descartes, Harvey et la médecine de la Renaissance, p. 323-347 du volume Descartes et la Renaissance, édité par E. Faye et publié chez H. Champion, Paris, 1999. (Actes du Colloque international de Tours des 22-24 mars 1996).

Résumé: Cet article confirme les analyses présentées dans Le principe de vie chez Descartes en montrant l’importance des sources renaissantes de la médecine cartésienne, aussi bien en anatomie qu’en embryologie. L’article commente la référence cartésienne à « Vésale et les autres », dans la lettre à Mersenne du 20 février 1639 (AT, II, 525), puis celle à « Fabricius ab Aquapendente », dans la lettre à Mersenne du 2 octobre 1646 (AT, IV, 555). Après avoir noté le parallèle entre ces deux références et insisté sur le fait que Descartes évoque aussi l’indispensable recours aux expériences en médecine, l’article souligne la concordance entre les sources médicales de Descartes et celles du médecin William Harvey. Mais l’article montre aussi que la réécriture cartésienne de la démonstration harvéienne de la circulation du sang et la controverse de Descartes avec Harvey sur la cause du mouvement du coeur mettent en question une partie de l’héritage de la pensée médicale de la Renaissance, en particulier l’influence d’Aristote sur William Harvey.

-mots-clés: sources médicales de Descartes et de Harvey : André Vésale (Vezalius, Vesalius), Caspar Bauhin (Bauhinus), Fabrice d’Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente) ; école de médecine de Padoue, où Fabricius d’Acquapendente a enseigné et Harvey étudié ; anatomie, embryologie, expériences de dissection ; aristotélisme de Harvey, aristotélisme padouan.

- Cartesian Physiology, p. 349-382 de l’ouvrage de référence édité par Stephen Gaukroger, John Schuster and John Sutton, Descartes’ Natural Philosophy, publié chez Routledge, dans la collection Routledge Studies in Seventeenth-Century Philosophy, en juillet 2000.

- Descartes, Reader of Harvey : The Discovery of the Circulation of the Blood in Context, p.15-40, in Graduate Faculty Philosophy Journal, New School for Social Research, vol. 22, N°1, 2000, New York.

- Descartes face à la mélancolie de la Princesse Elisabeth, in: Une philosophie dans l’histoire, hommages à Raymond Klibansky, édité par B. Melkevik et J.-M. Narbonne, Québec, Presses de l’Université de Laval (Canada), 2000, Diffusion Vrin, pages 229-250.

Résumé: Dans ma contribution au Festschrift du professeur Raymond Klibansky, j’ai souhaité poursuivre l’étude d’un thème particulièrement négligé dans la correspondance entre Descartes et la princesse Elisabeth de Bohême: celui de la mélancolie dont souffre la princesse Elisabeth, thème médico-philosophique que j’avais eu l’occasion d’aborder aux Journées d’études organisées à Descartes en mars 1999, en présentant une communication sur « La raison plutôt que les remèdes ».

L’article analyse ce cas de mélancolie féminine que Descartes étudie dans un cadre médical rénové en prenant au sérieux l’affection dont souffre la princesse. En effet, Descartes connaît cette affection et sait que la mélancolie peut avoir pour horizon la folie, comme dans les délires mélancoliques liés aux cas graves de lycanthropie, par exemple. Descartes a d’ailleurs cité, dans la Méditation première et dans le dialogue inachevé La recherche de la vérité, des exemples de pathologies mélancoliques liées aux « vapeurs » de la bile noire. Ces pathologies sont répertoriées dans des traités médicaux et l’article indique la source des exemples cartésiens : il s’agit du traité d’André Du Laurens, Discours des maladies mélancoliques et du moyen de les guérir. Elisabeth reconnaît que les « méditations par lettres » que Descartes lui adresse lui servent « d’antidote contre la mélancolie ». Descartes y prône le « vrai usage de notre raison » pour lutter contre les désordres de l’imagination et « apprivoiser » les passions.

-mots-clés: philosophie et médecine, lien entre l’âme et le corps, mélancolie et unité de l’homme, cas de mélancolie féminine, opilation de la rate, bile noire, folie, imagination, circulation du sang, usage de la raison, pathologies du cerveau au dix-septième siècle, maladies causées par les désordres de l’imagination à l’âge classique, sources médicales des exemples de mélancoliques cités par Descartes dans la première des Méditations métaphysiques et dans La recherche de la vérité par la lumière naturelle, usage de la raison plutôt que des remèdes.

-Auteurs cités : Hippocrate, Aristote, Théophraste, Celse (Aulus Cornelius Celsius), Galien ; Marsile Ficin ; André Du Laurens (Laurentius), Felix Plater (ou Platter), Petrus Forestus (P. van Foreest), Timothy Bright, Robert Burton, William Harvey ; Louis de La Forge, François Poullain de la Barre ; Adrien Baillet ; Raymond Klibansky, Erwin Panofsky, Fritz Saxl.

- L’Homme de Descartes et le De Homine de Hobbes, in Hobbes, Descartes et la métaphysique, (D. Weber, éd.), p. 155-p. 186. Actes du colloque « Hobbes, Descartes et la métaphysique » organisé par le Centre d’études cartésiennes (Université de Paris Sorbonne, Paris IV), qui s’est tenu en Sorbonne le 8 juin 2002. Recueil publié fin octobre 2005 à Paris, chez Vrin.

Résumé: Après avoir justifié le rapprochement entre L’Homme de Descartes (-une publication posthume, après le renoncement à la publication du Monde qui inclut L’Homme, en raison de la condamnation de Galilée, et la « redistribution » des thèmes de L’Homme dans le Discours de la méthode et la Dioptrique-), et le De Homine de Hobbes (-une publication différée de la deuxième partie du vaste projet hobbesien: « Corpus, Homo, Civis », en raison de la Guerre Civile anglaise-), l’article développe les trois points suivants:

- L’Homme de Descartes et le De Homine de Hobbes ont été au coeur de projets philosophiques ambitieux et sont restés au centre des oeuvres en dépit de la publication différée de ces traités. Ces oeuvres ont de nombreux points d’intersection, l’anthropologie de Hobbes s’étant, sinon explicitement définie, du moins implicitement posée, par rapport à celle de Descartes.

- L’anthropologie de Descartes et celle de Hobbes accordent une place prépondérante à l’explication de la vision, conséquence de l’émergence d’un nouveau contexte scientifique. L’homme est « spectateur » et « observateur » d’un monde où les mouvements apparents des astres ne correspondent pas à leurs mouvements réels.

- Ces anthropologies sont indissociables de l’essor des sciences physique et astronomique et reposent sur des connaissances anatomiques et physiologiques récentes. Copernic et Galilée, d’une part, Vésale et Harvey, d’autre part, sont des références importantes dans la constitution des anthropologies de Descartes et de Hobbes. Ce sont deux anthropologies de « physiciens-métaphysiciens ».

- mots-clés: philosophie et astronomie, philosophie et médecine, anthropologie, nature de l’homme, l’homme et son rapport au monde, l’homme et la connaissance de lui-même; l’héritage de l’année 1543 dans les oeuvres de Descartes et de Hobbes: liens avec les textes de Copernic, puis avec ceux de Kepler, de Tycho Brahé et de Galilée (Galileo Galilei) d’une part, liens avec le traité de Vésale (Vezalius, Vesalius) sur la Fabrique du corps humain (De humani corporis fabrica), puis avec les livres de Caspar Bauhin (Theatrum anatomicum) et de William Harvey (De motu cordis et sanguinis in animalibus) d’autre part; les nouveaux astronomes, les nouveaux anatomistes; l’explication des sensations, la « fabrique de l’oeil », l’explication de la vision, les illusions d’optique, le rôle du nerf optique, l’optique, la dioptrique, la lumière, le monde visible, la géométrie, l’admiration, le dualisme cartésien, le principe de vie mécaniste, le mouvement du coeur, la circulation du sang, les « esprits animaux », la génération des animaux.

Conjoined Twins and the Limits of our Reason, p. 61- p.107, in Monsters and Philosophy, edited by Charles T. Wolfe, London, King’s College Press, University of London. (December 2005).

Abstract :
In the texts dealing with monsters, the sets of human double monsters, in particular conjoined twins, have been undoubtedly the ones who provoked the most surprise, curiosity and amazement.
With their physical peculiarities and their various appearances, conjoined twins have fired the imaginations and triggered many debates in which philosophical issues have been important. Double monsters have crystallized in an exemplary way the problems we must face with monsters: (i) as regards the reactions towards their extraordinary physical appearances and their place in society, (ii) as regards their ontological status and their place in Nature which for a very long time was tightly associated with God, (iii) as regards the issue of their causes, for long not independent from theological concerns. Double monsters have raised some important additional questions: their individuality, i.e. do conjoined twins have one soul or two, an important question related to the discussions on the 'principle of life' (or vital principle) and the seat of the soul and not only with the decision to baptize either one person or two. Another important question concerning human double monsters when they had lived for a long period of time concerned their psychology and whether they have different personalities, not to mention the possibility of their being separated by surgery and the details of their autopsy reports showing the importance of the fusion of their organs, a dimension which had implications for the mechanics of matter itself.
These issues did not raise independently from the accounts of monstrous births and, from the second half of the sixteenth century onwards, from the publication of « canards », pamphlets and broadsides showing illustrations of conjoined twins, or from actual encounter with traveling conjoined twins.

In the first part of my paper I discuss the conception of conjoined twins in relation to the notions of « spectacle » and Nature, with a particular focus on the importance of theology and philosophy in the first medical treatises on monsters. In the second part, I examine the fundamental changes brought about in this context by some physicians from the beginning of the seventeenth century as well as by René Descartes. I emphasize the split between the investigation about monsters and theology, as well as the importance of the new conception of nature introduced by Descartes, especially in relation to matter and to the laws of nature. In the third part, I describe the limitations in the influence of these fundamental changes in the eighteenth century, with a particular focus on the enduring influence of theological and teleological arguments in the debates concerning detailed dissections of conjoined twins at the Académie Royale des Sciences in Paris.

- Keywords : Medicine and philosophy, medicine and theology, medicine and teleology ; Monsters from the sixteenth century to the nineteenth century, Monsters and spectacle, monsters and show, Nature as a spectacle; laws of nature; Anatomy, praises to the human body, dissection of monsters and of conjoined twins and teleology, dissections of monsters and of conjoined twins and theology, the divine attributes, the divine designs, the Académie Royale des Sciences,

- Authors quoted : Aristotle, Galen, Saint Augustine, Rüff or Rueff, Ambroise Paré, M. Weinrich, Caspar Bauhin, Du Laurens (Laurentius), Riolan (the Younger), Fortunio Liceti, René Descartes, William Harvey; Malebranche, Antoine Arnauld, Régis; Du Verney (Duverney, Duvernay), Marcot, Lémery, Winslow, Goëffon (Goiffon), Haller, Bordenave; Fontenelle, Dortous de Mairan; Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Etienne Serres...

 - Monsters, Nature and Generation in the Early Modern Period: The Emergence of Medical Thought, in The Problem of Animal Generation in Modern Philosophy, edited by Justin E.H.Smith, published at Cambridge University Press, 2006, p. 47-p. 62 (paper published without my notes).

This paper is based on the web-exhibition about monsters that had been on the website of the main medical library in Paris (the BIUM, Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine, now the BIUS, Bibliothèque interuniversitaire de Santé), since the 29th January 2004, Les monstres de la Renaissance à l’âge classique, métamorphoses des images, anamorphoses des discours. De l’admiration, souvent mêlée de peur pour ces signes divins et prodiges de la nature aux bases d’une lecture plus scientifique: l’émergence d’un discours médical sur les monstres. Text, bibliography and selection of the illustrations (from rare books in the BIUM) by Annie Bitbol-Hespériès. Concept, web design and image editing by Jacques Gana.

Abstract:
One of the most striking features of the discussion of monsters in the sixteenth century lies in the variety of texts in which they were discussed. It would take a long time for monsters and their causes to become the specific subject of study among surgeons and physicians.
Jacobus Rüff (Rueff), a Zurich surgeon, and Ambroise Paré, a French surgeon, were the first to include a study about monsters in medical treatises providing a large number of illustrations. These treatises have been reprinted and translated many times after their first publications, Rüff’s in German and Latin in 1554, and Paré’s in French in 1573. When describing and illustrating monsters, Rüff, and to a greater extent Paré, borrowed information on the subject from many sources.

The second, most outstanding feature concerning human monsters in the sixteenth century, as well as in the seventeenth century, was the fact that they were shown in Europe. Human monsters travelled in Italy, Germany, France, England, and generally received money for their exhibitions. Among them, conjoined twins were very famous and drew in large crowds. At that time also in Europe, many illustrations of monsters were disseminated, not only in books but also in fascicules and on broadsides. These illustrations depict human and animal monsters, as well as extraordinary monsters which were half human and half animal, or a strange combination of parts of various animals.
The third main feature of the conception of birth defects in the sixteenth century was that monsters and generation were not always closely linked. True, the amazing appearance of a monster is a rupture in the theory of generation derived from Aristotle asserting the reproduction of the same from one generation to another.

Part one of my paper highlights the limitations of efforts to explain the generation of monsters in the sixteenth century. I examine in particular the works of Jacobus Rüff (Rueff) and Ambroise Paré in this context. Part two sketches the new way of investigating monsters that appeared in some medical writings from the very beginning of the seventeenth century. I take into account the split between medicine and theology, and I emphasize the rise of embryology with Fabricius of Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente). Part three shows the shifts of attitudes that occurred towards nature and generation with the investigations of nature and the « principle of life » in the works of René Descartes. Descartes’ mechanist account of the formation of the fetus in his Primae cogitationes circa generationem animalium, and in a much precise way, in the four parts of La Description du corps humain (The Description of the Human Body) eradicate the themes, widely spread in medical treatises, on the one hand of the soul considered as the principle of life (vital principle) and on the other hand of the astral or divine heat that was supposed to be found in the heart as well as in the male semence. Descartes’ assertions on these subjects are all the more original when compared to Harvey’s treatise On the Generation of Animals, (Exercitationes de generatione animalium) published one year after Descartes’ death.

-Keywords : Secrets of Nature, the mystery concerning the role of the organs of generation, ovaries, human matrix or human uterus, male seed, sperm, generation of monsters, conception, embryology, soul principle of life (vital principle), heart principle of life (vital principle), the principal organs in the human body, mechanism, vitalism, William Harvey’s debt to both Aristotle and Fabricius of Aquapendente

-Authors quoted : Aristotle, Galen, Saint Augustine; Vesalius, Rüff or Rueff, Ambroise Paré; Martin Weinrich, Caspar Bauhin, Du Laurens (Laurentius), Riolan (the Younger), Johann Schenck, Johann Georg Schenck, Liceti; Fabricius of Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente), René Descartes, William Harvey...

- Ravaisson et la philosophie de la médecine, in L’épistémologie française, 1830-1970, sous la direction de Michel Bitbol et de Jean Gayon, livre paru aux P.U.F., début juin 2006, p. 413- p. 430. Le livre a fait l’objet d’une traduction en chinois en 2011, chez l’éditeur The Commercial Press et l’article y figure aux pages 451-471. L’ouvrage paru aux PUF a été réédité aux éditions Matériologiques en 2015.

Résumé : Après un rappel de la biographique de Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) et de sa bibliographie, l’article étudie le contexte philosophique et médical de la publication de De l’Habitude (1838), ainsi que ses liens avec le Rapport sur la philosophie en France au dix-neuvième siècle (1868) et Métaphysique et morale (1893). L’analyse de la philosophie de la vie dans les textes de Ravaisson montre la place importante qu’y occupe la philosophie de la médecine.

L’article souligne l’influence d’Aristote et de la méthode psychologique prônée par Victor Cousin, ainsi que celle des médecins vitalistes et animistes cités par Ravaisson : Stahl, Barthez, Bichat, Buisson. Il commente l’importance du vocabulaire de la médecine dans les textes de Ravaisson, en particulier du vocabulaire de la pathologie, lié aux références à Van Helmont et à Sydenham.

Il étudie l’animisme de Ravaisson et sa dénonciation constante du mécanisme cartésien et surtout du matérialisme en médecine représenté par les textes de La Mettrie, de Cabanis, de Broussais et de Gall.

Il montre que les écrits de Ravaisson ouvrent la voie à Bergson et à Canguilhem.

-Mots clés : De l’Habitude (1838), Rapport sur la philosophie en France au dix-neuvième siècle (1868); Métaphysique et morale (1893); vie, âme, principe de vie, principe vital, âme pensante, psychologie, conscience; méthode psychologique; médecins vitalistes et animistes : Stahl, Barthez, Bichat, Buisson; vocabulaire médical utilisé par Ravaisson, notamment celui de la pathologie avec les références à Van Helmont et à Sydenham; dénonciation du mécanisme cartésien et surtout du matérialisme en médecine.

-Auteurs cités : Aristote; Van Helmont; Descartes; Leibniz; Thomas Sydenham; Georg-Ernst Stahl; Paul-Joseph Barthez, Xavier Bichat, Mathieu François-Régis Buisson; Francisque Bouillier; Victor Cousin; Maine de Biran; Gall, Broca, Vulpian; Claude Bernard; Bergson; Georges Canguilhem...

- Médecine et méthode chez Descartes, in : Conceptions de la science : hier, aujourd’hui et demain. Hommage à Marjorie Grene, sous la direction de Jean Gayon et Richard M. Burian, 2007, Editions Ousia (Bruxelles, diffusion Librairie philosophique Vrin, place de la Sorbonne), p. 167-190. Recueil faisant suite au colloque d’hommage organisé à l’Université de Bourgogne en octobre 1997, en l’honneur de Marjorie Grene, par Virginia Polytechnic Institute and State University, Blacksburg, U.S.A., et l’Université de Bourgogne, Dijon.

Résumé de l’article: Selon Descartes, la méthode « consiste plus en pratique qu’en théorie ». L’article étudie la pratique de la méthode en médecine dans la cinquième partie du Discours de la méthode, en détaillant l’analyse cartésienne du mouvement du coeur. Il analyse aussi cette pratique dans la Dioptrique, un des Essais de la méthode, où Descartes traite de la vision d’une façon inédite en insistant sur le rôle des nerfs optiques.

La pratique cartésienne de la méthode rompt avec la tradition médicale, où la méthode a sa place. La pratique de la méthode, indissociable du mécanisme corporel, transforme le contenu du discours médical et permet à Descartes de fonder une nouvelle anthropologie.

- Mots clés : contexte médical, explication cartésienne du mouvement du coeur qui inclut la découverte de la circulation du sang par William Harvey; analyse et enjeux de la controverse avec Harvey sur la cause du mouvement du coeur; analyse de l’approbation par Descartes de la circulation du sang avec mise en avant des « preuves » expérimentales de Harvey et abandon du cadre conceptuel aristotélicien dans lequel Harvey a inséré sa brillante découverte.

Méthode et rupture avec la tradition aristotélicienne, alors importante en médecine.

Méthode et rupture avec l’influence de Galien.

Méthode et rupture avec la tradition médicale des louanges envers la Nature.

Méthode et mécanisme corporel. Méthode et unité de l’homme. Analyse de la vision.

Méthode et mise à mal de l’anthropocentrisme dans les traités médicaux.

Méthode et fondation d’une nouvelle anthropologie.

Influence de la méthode cartésienne en médecine.

Auteurs cités, outre Descartes : Aristote, Galien, Du Laurens (Laurentius), Jean Riolan (fils), William Harvey (Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus), Plempius, Regius, Dionis, Jean Martet, Guy de Chauliac (La Grande Chirurgie, citée dans une édition de 1672 publiée à Bordeaux).

L’Anthropologie cartésienne et la médecine, article paru en 2007, dans le numéro 3 de la Revue Philosophique de la France et de l’étranger (Juillet-septembre 2007) consacré à la publication des Actes de la journée d’hommage à l’oeuvre de Geneviève Rodis-Lewis, organisée par le Centre d’études cartésiennes (CEC, Université de Paris Sorbonne, Paris IV), qui s’est déroulée le 11 juin 2005 en Sorbonne (salle Louis Liard).

Résumé: L’anthropologie cartésienne est un recueil d’articles publiés par Geneviève Rodis-Lewis de 1955 à 1990 et remaniés. Les thèses principales concernent les développements que le thème de l’homme a suscités, de Descartes à Malebranche. Deux aspects constitutifs de l’anthropologie cartésienne sont privilégiés:les sensations et le langage, d’où l’accent mis sur l’union de l’âme au corps et sur l’unité de l’homme, plus que sur le dualisme. L’ouvrage aborde aussi la question médicale des origines de la transfusion sanguine, grâce à un écrit de Desgabets. Le chapitre sur les limites du modèle mécanique se trouve prolongé par l’étude des modèles mécaniques dans leur contexte médical. La comparaison entre le corps humain et une machine est un élément essentiel de la méthode cartésienne appliquée à la médecine, parce qu’elle est liée à la réflexion novatrice sur le « principe de vie ».

Auteurs cités, outre Descartes et Malebranche : Louis de La Forge, Gérauld de Cordemoy, Bernard Lamy, Wallis; Vésale, Harvey, Dom Robert Desgabets, Richard Lower, Thomas Willis, Christopher Wren, La Martinière; André Du Laurens, Jean Riolan (fils)

Commentateurs cités, outre Geneviève Rodis-Lewis: F. Bouillier, O. Hamelin, J. Maritain, G. Gusdorf, Jean Laporte, Etienne Gilson, Martial Gueroult, Georges Canguilhem

Abstract : L’anthropologie cartésienne (Paris, P.U.F., 1990) is a collection of articles published by Geneviève Rodis-Lewis from 1955 to 1990 and revised. The main theses concern the developments kindled by the theme of Man from Descartes to Malebranche. Two constituent aspects of the Cartesian anthropology are highlighted: sensations and language. That is why emphasis is given to the union of the soul with the body and to the unity of Man, more than to dualism. The work also deals with the medical issue of the origins of blood transfusion, thanks to a text by Desgabets (Dom Robert Desgabets). The chapter dealing with the limits of the mechanical model is protracted by the study of mechanical models in their medical context. The comparison between the human body and a machine is a crucial element of the Cartesian method applied to medicine because it is linked to the innovative reflection on the « principle of life » (vital principle).

- La vie et les modèles mécaniques dans la médecine du dix-septième siècle. Descartes face à la tradition médicale et aux découvertes de William Harvey, in Questions vitales, vie biologique, vie psychique, F. Monnoyeur (éd.), Kimé, Paris, février 2009, p. 47-81.

Auteurs cités : Fernel, André Vésale, Ambroise Paré, Fabricius d’Acquapendente, Caspar Bauhin, Jean Riolan (fils), Adrianus Spigelius (Adriaan van der Spieghel), William Harvey, Henricus Regius, Nicolas Sténon (Nils Stensen/Steensen).

Authors quoted : Fernelius, Andreas Vesalius, Ambroise Paré (Pareus), Hieronymus Fabricius of Aquapendente, C. Bauhinus, J. Riolan (the Younger), Adrianus Spigelius (Adriaan van der Spieghel), William Harvey, Henricus Regius, Nicolas Sténon (Niels Stensen or Steensen, Steno).

- Annotation de la physique de l’homme dans la cinquième partie du Discours de la méthode : évocation du traité non publié (Le Monde avec L’Homme), anatomie du coeur, dissection du coeur, chaleur du coeur, preuves de la circulation du sang découverte par Harvey et approuvée par Descartes (qui cite Hervaeus et ses expériences), mouvement du coeur et sa cause, différences avec Harvey à ce sujet, esprits animaux, règles des mécaniques, lois de la nature, comparaison entre le corps et une machine.

Notes publiées dans le volume III des Oeuvres complètes de René Descartes dirigées par Jean-Marie Beyssade et Denis Kambouchner dans la collection de poche Tel des éditions Gallimard. Ce volume Discours de la Méthode et Essais, a été le premier à paraître, le 17 septembre 2009.

 

- Sur quelques errata dans les textes biomédicaux de Descartes, Oeuvres de Descartes, AT XI, in Bulletin cartésien XLIV, Liminaire II, publié dans la Revue les Archives de Philosophie, 78, Janvier-Mars 2015, p. 161-168.

Ces errata concernent des passages des Primae cogitationes circa generationem animalium et des Excerpta anatomica (Anatomica quaedam ex Manuscripto Cartesii, notes de Descartes copiées par Leibniz). Ces errata s’inscrivent dans le cadre de la publication du volume II des Œuvres complètes de Descartes, collection Tel Gallimard, sous la direction de Jean-Marie Beyssade et de Denis Kambouchner.

About some errata in various Anatomical texts published in the Adam and Tannery edtion of Descartes’Works, Oeuvres de Descartes, texts being given at AT XI.

The text of these errata was published in the Liminaire II of the Bulletin cartésien XLIV, in les Archives de Philosophie, 78, 2015, p. 161-168. These errata deal with some extracts of the Primae cogitationes circa generationem animalium and of the Excerpta anatomica (Anatomica quaedam ex Manuscripto Cartesii, Descartes’ Excerpts Leibniz copied or had copied in Paris, first edited by Foucher de Careil, then by Adam and Tannery). These errata are linked with my translation and annotation of these Latin texts to be published with L’Homme (The Treatise on Man) and La Description du corps humain (The Description of the Human Body) in the second volume of the new edition of the Complete Works of Descartes, Oeuvres complètes de Descartes, collection Tel Gallimard edited by Jean-Marie Beyssade and Denis Kambouchner.

- De Vésale à Descartes, le coeur, la vie, communication présentée aux Journées d’étude sur La Fabrique de Vésale, La mémoire d’un livre, organisées à Paris par la Bibliothèque interuniversitaire de Santé (BIUS) et la Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, 21-22 novembre 2014.

La version intégrale de l’article, avec illustrations, figure sur le site de la BIUS dans la publication en ligne des Actes des Journées Vésale : La Fabrique de Vésale, La mémoire d’un livre, Collection Medic@, Bibliothèque interuniversitaire de Santé, études réunies par Jacqueline Vons (p.105-134).

Maquette et mise en page de ce livre électronique par Jacques Gana.

Ce volume d’Actes des Journées Vésale a été mis en ligne le 25 Janvier 2016.

http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/index.php

http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/vesale/

Une version courte, sans illustration, a été publiée dans la Revue d’Histoire des Sciences Médicales, 2014, Octobre-Novembre-Décembre, p. 513-522.

Résumé : Fin novembre 1629, Descartes, installé aux Pays-Bas, commence à étudier l’anatomie pour rédiger L’Homme. Il lit alors « Vezalius et les autres », autrement dit « Vésale et les autres », et pratique des dissections. Le moment est marqué par l’influence croissante de Vésale, dont témoignent La leçon d’anatomie du Dr Tulp par Rembrandt et le Theatrum anatomicum de Caspar Bauhin. Descartes rejette la tradition médicale liée aux divisions de l’âme et énonce un principe de vie qui se définit par la chaleur du cœur, alimentée par la circulation du sang, récente découverte démontrée par William Harvey.

Abstract : At the end of 1629, Descartes, settled in the Lower Countries, began studying anatomy and performing dissections in order to write L’Homme (The Treatise on Man). He acknowledged his debt towards « Vezalius and the others ». In those years, in Europe, the influence of Vesalius was increasing, as shown by Rembrandt’s Anatomy of Dr Tulp and by the Theatrum anatomicum by Caspar Bauhin. Descartes rejected the divisions of the soul, then a common place in medical treatises and he stated a principle of life (vital principle) defined by the heat in the heart linked to the new demonstration of the circulation of the blood by William Harvey.

Auteurs cités : Aristote, Galien, André Vésale (Vezalius, Vesalius), Ambroise Paré, Fabricius d’Acquapendente (Hieronymus Fabricius ab Aquapendente), Caspar Bauhin, André Du Laurens, Jean Riolan (fils), William Harvey, Henricus Regius, Molière, Pierre Dionis.

Thèmes abordés : L’héritage de Vésale et de Bauhin, l’étude de la nature de l’homme, les mouvements du coeur, la circulation du sang. 

Authors quoted : Aristotle, Galenus, Vesalius, Bauhin, Ambroise Paré (Parey/Pareus), Hieronymus Fabricius of Aquapendente, Du Laurens, Jean Riolan (the Younger), William Harvey, Henricus Regius, Molière, Pierre Dionis.

Main topics : Vesalius’s legacy, Bauhin’s legacy, the study of the nature of man, the movements of the heart, the circulation of the blood.

 

-Paper : « The primacy of L’Homme in the 1664 Parisian edition by Clerselier » in Descartes’ Treatise on Man and its Reception, D. Antoine-Mahut and S. Gaukroger (Eds.), Springer, Studies in History and Philosophy of Science, 43, fin 2016, p. 33-47. Actes du colloque Nouvelles Recherches sur le traité de L’Homme de Descartes, organisé à l’ENS Lyon, les 16 et 17 janvier 2014.

 

Abstract: How can we understand the priority ascribed to L’Homme in the 1664 Parisian edition, from both the long title and long Préface by Clerselier to the copious Remarques by La Forge? What are the reasons of this imbalance? This question raises other important issues. What does the editor’s decision to change the title of the “second treatise” mean? Why did Clerselier focus on promoting L’Homme in the title given to the volume and in his Préface and why did La Forge strive to provide a better understanding of L’Homme in his Remarques and figures ? Should Clerselier’s Préface only be judged in relation to, or even in reaction to, Schuyl’s Foreword to the Latin translation of L’Homme, the De Homine, published in Leyden in 1662? Why is such importance granted to annotating L’Homme at the expense of the ‘second Treatise’ De la formation du fœtus (On the formation of the fetus) ? What are the reasons dealing with such an emphasis on L’Homme ? Are they related with the question of the illustrations highlighted by Schuyl, Clerselier and La Forge ? For what reasons is the exact content of the ‘second Treatise’ left aside in the Préface by Clerselier and so little commented by La Forge ? And what about the absence of any comments by La Forge on important moments of L’Homme ?

In other words, we wish to understand how Descartes’s specific new way of dealing with important biomedical questions, connected with philosophical issues, in L’Homme, and even more in La Description du corps humain (The Description of the Human Body, the genuine title of the « second treatise ») was concealed. Such is the relevant issue of the content of the Préfaces by Schuyl and Clerselier, and of the Remarques of Louis de La Forge for this posthumous edition of L’Homme and the “second traité”. There is a huge gap between the content of both L’Homme and of the ‘second Treatise’ and their presentation in the Préface and the comments in the Remarques.

To understand this complex situation, it is thus appropriate to compare the two posthumous published texts and to bear in mind the background in which these Préface and Remarques were written. For instance, the words “heart” and “body” are given less importance in the Préfaces than the word “soul”, which sounds somewhat strange, not to say highly paradoxical, because this is in complete contradiction with Descartes’ writings. 

This paper gives answers to these questions, especially since it is linked to the annotation in the forthcoming edition of the Œuvres complètes de Descartes (Complete Works), Gallimard-Tel, volume II. The answers are all the more precise as these texts are joined with the complete French translation and annotation of the unpublished latin Primae cogitationes circa generationem animalium (First Thoughts about the Generation of Animals) and Excerpta anatomica (Anatomical Fragments), to be found in AT XI. The annotation of the Prefaces also provides valuable clues.

 

Résumé : Comment comprendre la primauté accordée au texte de L’Homme dans l’édition parisienne de 1664 ? Pourquoi ce déséquilibre entre la présentation du texte de L’Homme et celle du « second traité » ? Cette interrogation soulève d’autres questions importantes. Que signifie la décision de l’éditeur de changer le titre du « second traité » : La Description du corps humain devenant Traité de la formation du foetus ? Quel est l’enjeu de cette modification ? Pourquoi est-ce L’Homme que Clerselier s’attache à présenter et La Forge à annoter ? La Préface de Clerselier se juge-t-elle uniquement en relation, pour ne pas dire en réaction avec la préface de Schuyl à la traduction latine du traité en 1662 ? Pourquoi ce privilège éditorial accordé à l’annotation de L’Homme, aux dépens du « second traité » ? Quelle est, ou quelles sont les raisons de cette focalisation sur L’Homme ? Est-ce uniquement lié à la question des figures, mise en avant par Schuyl, Clerselier et La Forge ?

Pourquoi le contenu exact du « second traité » est-il ignoré dans la Préface de Clerselier et si peu commenté par La Forge ? Pourquoi ce silence de La Forge sur des paragraphes importants de L’Homme ?

En d’autres termes, nous voulons comprendre comment et pourquoi la manière radicalement nouvelle dont Descartes traite d’importantes questions biomédicales, liées à des enjeux philosophiques, dans L’Homme, et plus encore dans la Description du corps humain, a été escamotée. En effet, l’écart est considérable entre, d’une part, le contenu des deux traités : L’Homme et la Description du corps humain (titre authentique du « second traité »), et d’autre part, la présentation qui en est faite dans les Préfaces de Schuyl et de Clerselier. Ainsi, par exemple, dans les Préfaces, les mots « coeur » et « corps » sont moins présents que le mot « âme », ce qui est pour le moins étrange, sinon paradoxal, car en contradiction avec les textes de Descartes.

L’article propose des éléments de réponses en liaison avec la prochaine publication et l’annotation des deux textes dans la nouvelle édition des Œuvres complètes de Descartes chez Gallimard, collection Tel, volume II. Les réponses sont d’autant plus précises qu’à ces deux textes sont jointes la traduction et l’annotation des inédits latins que sont les Primae cogitationes circa generationem animalium (Premières pensées sur la génération des animaux) et des comptes rendus d’expériences de dissection pratiquées par Descartes, les Excerpta anatomica (cf. AT XI). L’annotation des préfaces de Schuyl et de Clerselier fournit également de précieux indices.

 

-Une source des textes biomédicaux latins de Descartes, AT XI : les Observationes de Johannes Schenck, in Bulletin Cartésien XLVI, Liminaire III, in Les Archives de philosophie, Janvier-Mars 2017, tome 80, p.152-161.

 

Présentation : L’édition des Primae cogitationes circa generationem animalium et des Excerpta anatomica, avec traduction intégrale pour le volume II des Oeuvres complètes de Descartes chez Gallimard (coll. Tel), dirigées par J.-M. Beyssade (auquel je souhaite rendre ici un hommage respectueux et reconnaissant pour sa grande générosité intellectuelle) et D. Kambouchner, m’a permis de constater que ces fragments latins divers contenaient, outre des comptes rendus de dissections variées liées à des textes anatomiques et embryologiques précis, des notes de lecture sur des thèmes médicaux. La bibliothèque médicale de Descartes se trouve donc enrichie par l’identification de nouvelles sources. L’une d’entre elles permet notamment d’expliquer la référence « f. 804 » en AT XI, 607, et le nombre « 728 » en AT XI, 644, dans ces fragments recopiés par Leibniz.

 

Unveiling a significant reference in Descartes’ medical writings : The Observationes by Johannes Schenck, in Bulletin Cartésien XLVI, Liminaire III, p.152-161, in Les Archives de philosophie, Janvier-Mars 2017, vol. 80.

 

Introduction à la traduction en langue japonaise des écrits médicaux de Descartes sous la direction du Professeur Hiroaki Yamada, Mars 2017, Tokyo, Hosei Univ. Press (Primae cogitationes circa generationem animalium, Excerpta anatomica, La Description du corps humain). Mon introduction a été traduite en japonais par le Professeur Hiroaki Yamada (University of Nagoya). J’avais communiqué à l’équipe japonaise mes traductions en français des textes médicaux latins (Primae Cogitationes circa generationem animalium, Excerpta anatomica), avec les notes ainsi que mon annotation de la Description du corps humain.

Ecrits médicaux de Descartes traduits en japonais par une équipe dirigée par le Professeur Hiroaki Yamada : couverture et table des matières

Postface rédigée par le Professeur Chiaki Kagawa.

L’équipe japonaise comprend, outre le Professeur Hiroaki Yamada, les professeurs suivants: Prof. Chiaki Kagawa (Philosophy of Science, Neuroethics and Bioethics, University of Yamanashi), Prof. Dr. Tatsuo Sakai (M.D, Ph.D., Juntendo U.), ainsi que les chercheurs : Sen Takeda (M.D., Ph.D., U. of Yamanashi), Tadashi Sawai (Juntendo U.), Natsume Anzai (Nihon U.).

  -Commemorative Session of the publication of the Medical Writings of Descartes, Tokyo, Monday 3rd April 2017 : Réunion à Tokyo, le 3 avril 2017, des collaborateurs de cette édition, et présentation, liée à mon introduction, des principaux points d’intérêt des textes médicaux de Descartes qui viennent de paraître en japonais. Answers to the questions. Le rédacteur en chef de la maison d’édition, M. Masatoshi Goma, participait à cette réunion.

Sur une prétendue lettre inédite de Descartes à propos de La Description du corps humain et de L’Homme, ou du bon usage des notes marginales de La vie de Monsieur Descartes par Adrien Baillet (2 volumes, 1691), Bulletin cartésien XLVIII, Liminaire III, publié dans les Archives de Philosophie, Janvier-Mars 2019, tome 82, p. 151-155.

On an alleged unpublished letter from Descartes about the Description of the Human Body and the Treatise on Man, a case for the proper use of margin notes in La vie de Monsieur Descartes by Adrien Baillet (2 volumes, 1691), Bulletin cartésien XLVIII, Liminaire III, published in les Archives de Philosophie, January-March 2019, volume 82, p. 151-155.

 -Le texte de ma communication « Medicine, Method and Metaphysics : Tradition and Innovation in Descartes’s Medical Works from the Writing of L’Homme to its Posthumous Publications (De Homine, Leyden, 1662 and the Parisian edition of L’Homme by Clerselier in1664 together with La Description du corps humain), est sur Academia depuis le 29 janvier 2020.

Il s’agit de mon intervention à Utrecht, au premier congrès de l’History of Science Society en dehors des Etats-Unis: History of Science Society, Annual Meeting, 23-27 July 2019, Utrecht, the Netherlands, session sur le Traité de L’Homme de Descartes, organisée par Phillip Sloan, le 25 juillet 2019.

Abstract of the paper and paper delivered during the international session planned by Phillip R. Sloan and devoted to Descartes, The Traité de L’Homme and the Cartesianizing of Dutch Medicine, for the History of Science Society Annual Meeting in Utrecht, The Netherlands, 23-27 July 2019. (Session held at the University of Utrecht, Janskerhof, 25 July 2019).

This paper addresses three related topics:

(1) Descartes’ medical sources and aims when he was writing the part of Le Monde (The World) devoted to the study of L’Homme (Man) in the early 1630s.

(2) The significant novelty introduced in the fifth part of the Discourse on Method (1637), where the links between method, medicine and metaphysics were rethought, especially in comparison to Harvey’s treatise On the movement of the heart and blood (De motu cordis et sanguinis in animalibus). Descartes’ influence in medicine through Henricus Regius’medical teaching in Utrecht (Physiologia, 1641).

(3) The primacy given to medicine in the Passions of the Soul (1649), linked with The Description of the Human Body. Finally, I explore the relevance of the publication of the Treatise on Man together with The Description of the Human Body in 1664 in Paris, after the Latin version of the De Homine published in 1662 in Leiden. 

-« De toute la nature de l’homme : De L’Homme à la Description du corps humain, la physiologie des Passions de l’âme ». Résumé de l’article paru dans Les Passions de l’âme et leur réception philosophique, ouvrage édité par Giulia Belgioioso et Vincent Carraud, publié en septembre 2020 chez Brepols (Turnhout, Belgique), dans la collection The Age of Descartes, Descartes et son temps.

L’article figure dans la Première partie intitulée Le texte et ses concepts, p. 67-100.

La première partie des Passions de l’âme s’intitule « Des passions en général, et par occasion, de toute la nature de l’homme ». En utilisant l’expression « la nature de l’homme », Descartes inscrit son étude des passions dans l’histoire de la médecine, puisque l’expression est le titre d’un célèbre traité de la Collection hippocratique commenté par Galien. À la fin du seizième siècle et au début du dix-septième, l’expression « la nature de l’homme » fait florès en médecine dans les livres décrivant les parties du corps humain et les fonctions de l’âme, et interrogeant l’union de l’âme au corps et les perturbations causées par les passions.

Mais en inscrivant son traité des Passions dans l’histoire de la médecine, Descartes rompt avec l’héritage médical et philosophique, poursuit sa réécriture du lien traditionnel entre médecine et méthode et sa refondation de l’anthropologie en soulignant, à un moment clé de l’histoire de la médecine, l’originalité d’une explication des passions « en physicien ».

Avec Descartes, l’analyse des Passions repose sur la connaissance de l’anatomie et des mouvements fondamentaux du corps : ceux du cœur et du sang, détaillés dans La Description du corps humain, version actualisée de L’Homme. Les Passions de l’âme résument la nouvelle médecine incluant la circulation du sang et abordent les questions les plus complexes et controversées ainsi que, discrètement, les thèmes obligés des traités médicaux.



II) Articles publiés dans la revue Dialogues de Descartes de l’Université Paris Descartes et repris sur le site web de l’Université Paris Descartes (Paris V, René Descartes) :

Descartes, un esprit universel
Descartes et la médecine

Descartes et la princesse Elisabeth
Descartes et la reine Christine de Suède
Descartes et Poussin
Descartes et Corneille
Descartes et Molière
Descartes et Racine
Descartes et La Fontaine
Descartes et Pascal
Descartes et Galilée

 

III) Articles dans le Dictionary of Seventeenth-Century French Philosophers, general editor: Luc Foisneau, Thoemmes Continuum, New York, 2008.

 Traduction française publiée en 2015 : Dictionnaire des philosophes français du XVIIe siècle, Acteurs et réseaux du savoir, Paris, Classiques Garnier, sous la direction de Luc Foisneau.

Articles sur :

Caspar Bauhin (Bauhinus) (17 janvier 1560-5 décembre 1624), (second fils du médecin français Jean Bauhin), p.232-p.234.

Pierre Dionis (1643-11 décembre 1718), p.567.

André Du Laurens (Laurentius) (9 décembre 1558-16 août 1609), p.605-p.607.

Raymond Vieussens (vers 1635-16 août 1715), p.1754-p.1755.

 

IV) Articles pour The Cambridge Descartes Lexicon, édité par Lawrence Nolan, paru début 2016 chez Cambridge University Press :

 Articles sur :

 Anatomy and Physiology, (p.13-p.16).

 Pineal gland, (p.593-p.596).

 Description of the Human Body (La description du corps humain), (p.190-p.192).

 Christina, Queen of Sweden, (p.108-p.109).

 La Forge, Louis de, (p.429-p.430).

 

V) Travaux actuellement poursuivis :

- Editions annotées de l’ensemble des textes médicaux de Descartes :

L’Homme, la cinquième partie du Discours de la méthode, l’intégralité de La Description du corps humain, la traduction et l’annotation des Primae cogitationes circa generationem animalium et de la totalité des Excerpta anatomica, à paraître chez Gallimard dans les Oeuvres complètes de Descartes, sous la direction du regretté Jean-Marie Beyssade et de Denis Kambouchner (collection de poche Tel, volume II, puis bibliothèque de La Pléiade).

- Edition critique de l’Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus de William Harvey, (Les Belles Lettres).

- Travaux sur les monstres (textes et iconographie).

- Dossier sur la mort de Descartes dans son contexte médical, pour le volume VII des Oeuvres complètes de Descartes dans la collection Tel, Gallimard.

- Introduction et annotation de La vie de Monsieur Descartes en deux parties par Adrien Baillet (Paris, D. Horthemels, 1691, deux volumes) pour l’édition japonaise de cette biographie de référence en cours de traduction par Hiroaki Yamada et Chiaki Kagawa, à paraître chez Kousakusha à Tokyo.

- La vie de Monsieur Descartes en deux parties par Adrien Baillet (Paris, D. Hortemels, 1691, en deux volumes), édition critique en cours chez Encre Marine (Les Belles Lettres).

 

VI) Articles en cours de publication :

- Sur l’ensemble des sources médicales de Descartes : la bibliothèque médicale de Descartes.

- Texte de mon intervention au Séminaire Descartes, le 10 décembre 2016, sur les livres de Raphaële Andrault : La vie selon la raison, physiologie et métaphysique chez Spinoza et Leibniz, Paris, Champion, 2014 et La raison des corps, mécanisme et sciences médicales, Vrin, 2016.

-Texte de ma communication à l’Atelier international « Le cerveau cartésien, problèmes et controverses », Paris, Bibliothèque Cujas et Bibliothèque Interuniversitaire Sorbonne, 11 et 12 octobre 2019: "De L’Homme au Discours de la méthode et à la Dioptrique: Descartes face à l’anatomie du cerveau"

 

VII) Principales participations à des colloques et conférences en France et à l'étranger, qui n’ont pas fait l’objet de publications :

- Colloque international de Vianden-Luxembourg, 30 juin-3 juillet 1991, sur le thème Tradition et émancipation. Conférence sur William Harvey, René Descartes : continuité et rupture par rapport à la tradition médicale (Hippocrate, Aristote, Galien).
- Journée La science chez Descartes, 24 octobre 1992, Descartes, (Indre et Loire, ville natale de René): Exposé sur Descartes et la médecine de son temps, avec insistance sur la cohérence de l’attitude de Descartes, face d’une part à la tradition médicale encore vivace au dix-septième siècle, et d’autre part au livre de W. Harvey, paru en 1628, démontrant brillamment le mouvement du coeur et la circulation du sang : Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus.
- Célébration du quatrième centenaire de la naissance de Descartes, Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette, Paris, 12 octobre 1996: Communication sur Descartes, les sciences, le choix de la langue française et la recherche d'un nouveau public.

- La Villette, 23 novembre 1996, second après-midi de commémoration de Descartes, Cité des sciences et de l’Industrie: Exposé sur Descartes, Harvey et la médecine, suivi d’une discussion avec le public.
- Commémoration de l’anniversaire de la naissance de Descartes par l’université d’Oxford (Grande Bretagne) et la Philosophical Society, Oxford, 19 et 20 octobre 1996, week-end sur Descartes : Philosopher-Scientist. Communication sur « Descartes, Harvey and Renaissance Medicine ».
- Participation à l’émission de France culture La science et les hommes, sur Descartes, l’oeuvre scientifique, diffusion : mercredi 13 novembre 1996.
- Mini-université de Boulogne-Billancourt, 4 février 1997, exposé suivi de questions sur le thème : Dualisme et unité de l’homme chez Descartes.
- Séminaire équipe REHSEIS, UPR 318, 22 avril 1997, exposé suivi de questions sur Descartes et Harvey : la révolution médicale du dix-septième siècle et ses enjeux.

 - Université Catholique de Louvain, Centre d’Etude pour l’Histoire de la Pharmacie et du Médicament, (maintenant dans l’agglomération bruxelloise, en raison de la partition de l’université de Louvain et du transfert des unités médicales et pharmaceutiques francophones), 24 mai 1997, salle Albert Couvreur: « Descartes et la médecine » (les sources de Descartes en anatomie, notamment André Vésale; Descartes et sa conception du coeur et du mouvement du coeur; Descartes et sa diffusion de la circulation du sang découverte par William Harvey).
- Palais de la Découverte (Paris), dans le cadre de l’exposition Entre Art et Science, la Création, 16 décembre 1997, conférence ayant donné lieu à un enregistrement: Entre art et science, la leçon d’anatomie: iconographie de Vésale à Rembrandt.
- ENS (rue d’Ulm), dans le cadre du séminaire de Michel Serfati: Conférence sur « La représentation du corps à l’âge classique », 19 novembre 1997.

- Cours d’histoire de la médecine en liaison avec l’histoire de la philosophie, dans le cadre du séminaire d’épistémologie et histoire des sciences de la vie et de la santé organisé par le Professeur Jean Gayon, à l’Université Paris 7-Denis Diderot, années 1998-2000. Mes interventions portaient sur l’Antiquité, la Renaissance et l’Age classique. Je choisissais des livres, ou extraits de livres comme sujets de mémoires.

- Journées d’études des 19 et 20 mars 1999 sur la Correspondance entre Descartes et la princesse Elisabeth, organisées au Centre culturel de Descartes par le Centre d’études en rhétorique, philosophie et histoire des idées, de l’humanisme aux lumières, (CERPHI) de l’E.N.S. de Fontenay/ Saint-Cloud (ENS-LSH de Lyon) et l’université de Rennes I: Exposé sur « La raison plutôt que les remèdes »: les thèmes médicaux de la correspondance et leurs enjeux philosophiques et médicaux.
- E.N.S. de Fontenay-Saint Cloud, 17 décembre 1999, journée de préparation agrégation de philosophie, puis séminaire de l’équipe Savoirs et Textes de l’U.M.R. 8519, C.N.R.S., Université de Lille 3, 13 janvier 2000, exposé sur « La place de la médecine dans l’oeuvre de Descartes ».
- Centre culturel de Descartes, Colloque international du 9 septembre 2000 sur Descartes et la religion, exposé sur « La religion dans les traités de médecine de Vésale à Harvey ».
- Colloque organisé par l’I.R.E.M. de l’Université Paris VII (Paris Diderot), les 6 et 7 juin 2001, à l’Institut Henri Poincaré, sur Les modèles de la science au XVIIe siècle: Exposé sur « Les modèles en médecine au dix-septième siècle ».
- Continent Sciences, Itinéraires de sciences, diffusion sur France Culture, émission Une Histoire du Cerveau, réalisée par Jacques Coget. Intervention sur le cerveau chez Descartes et chez Willis, diffusion 11 mars 2004.

- Invitation au Japon, en septembre 2015, à l’initiative du Professeur Hiroaki Yamada, du Professeur Chiaki Kagawa et du Professeur Hiroki Takeda, dans le cadre de la publication, prévue en japonais, des écrits médicaux de Descartes (Primae cogitationes circa generationem animalium, Excerpta anatomica, La Description du corps humain). Rencontre à Tokyo avec l’équipe de traduction.

  - Séminaire à l’International Forum de Tokyo, 11 septembre 2015 : The Medical Writings of Descartes. Answers to the questions.

  - Conférence à la Société franco-japonaise de Philosophie, 12 septembre 2015, Université Rikkyo à Tokyo : La physiologie de Descartes. Réponses aux questions.

  - Séminaire à l’Université d’Osaka, 14 septembre 2015 : The Physiology of the Passions of the Soul. Answers to the questions.