Principaux articles publiés par Annie Bitbol-Hespériès

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I) Principaux articles publiés :

Sur le thème des rapports entre philosophie et médecine à la Renaissance et au dix-septième siècle, sur le dualisme de l'âme et du corps, sur la médecine et l'unité de l'homme selon Descartes, sur l'explication de la douleur, en particulier des amputés, (douleur des membres fantômes), sur les rapports entre médecine et anthropologie. Sur l’étude médicale de La nature de l’homme.

Sur les sources renaissantes de la pensée médicale de Descartes ("Vésale et les autres", Caspar Bauhin et Fabrice d'Acquapendente...), sur l'approbation cartésienne de la découverte de la circulation du sang par William Harvey, la controverse avec Harvey sur le mouvement du coeur, sur l'aristotélisme et la médecine, les analogies et correspondances en médecine.

Sur la métaphore entre le cœur et le soleil dans les traités de médecine de la Renaissance et dans le traité de Harvey. Pas de trace d’influence de Copernic ou de Galilée sur Harvey. Au contraire, Descartes rallié aux « nouveaux astronomes » dans Le Monde, non publié en raison de la condamnation de Galilée.

Le rejet cartésien de la  métaphore du cœur soleil.

Sur les songes de Descartes et sa vocation.

Sur la mélancolie dans les lettres à la princesse Elisabeth de Bohême et sur les sources médicales de Descartes au sujet des cas de mélancoliques évoqués dans la première des Méditations Métaphysiques et dans le dialogue inachevé La recherche de la vérité par la lumière naturelle.  Sur la maladie mélancolique et la folie.

Sur l'anthropologie cartésienne et son influence sur l'anthropologie de Hobbes. Sur la vision chez Descartes et Hobbes, et sur les yeux des "regardants".

 

Sur les monstres et les jumeaux joints de la Renaissance aux Lumières, (seizième siècle, dix-septième siècle, dix-huitième siècle, et, en conclusion, évocation de la situation au début du dix-neuvième siècle), sur la variété des jumeaux joints (jumeaux conjoints ou jumeaux soudés, et pas seulement les 'siamois'), la génération des monstres, la génération des jumeaux joints, les liens entre médecine et philosophie, entre médecine et téléologie, entre médecine et théologie, la Nature, Dieu, les attributs divins, les desseins divins.

 

Sur Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) et la philosophie de la médecine.

 

Sur le lien entre médecine et méthode chez Descartes.

Sur les modèles mécaniques et mécanistes en médecine: modèles mécaniques dans la tradition médicale et usage de ces modèles par Descartes.

 

Keywords : Cartesian Medicine, Cartesian Anthropology, Descartes' Dualism, Descartes's Medicine and the Unity of Man, Cartesian explanation of pain, in particular phantom limbs, Medicine and Anthropology Descartes’ medical study of the Nature of Man.

Cartesian Renaissance sources in medicine ("Vezalius and the others", Caspar Bauhin, Fabricius of Aquapendente, ...), Descartes' approval and rewriting of the discovery of the Circulation of the Blood by William Harvey, Descartes' controversy with Harvey about the explanation of the mouvement of the heart, Aristotelism and medicine, analogies in medicine.

On the metaphor of the heart being like the sun in medical treatises and in Harvey’s treatise. No influence of Copernicus or Galileo in Harvey’s use of the metaphor of the heart being like the sun. On the contrary, in Le Monde (The World) Descartes wanted to draw information from the most recent sources : from Copernicus to Galileo, and  the condemnation of Galileo’s Dialogue on the Two chief World Systems, by the Congregation of Cardinals established to censor books, caused him not to publish his boolk.

On the Cartesian rejection of the Harveian heart sun metaphor.

On Descartes' dreams.

About melancholy in the letters to Princess Elizabeth of Bohemia. On the medical sources of the examples of "madmen, whose brains are so damaged by the persistent vapours of melancholia..." in the First of the Meditations on First Philosophy and in The Search for Truth by Means of the Natural Light. About melancholy and madness.

Descartes' anthropology and its links with Thomas Hobbes' anthropology (with the De Homine in particular), theories of vision in Descartes' works and in Hobbes' works, the eyes of the "onlookers".

Nature, Monsters and Generation, monsters and medicine, monsters and philosophy, monsters and theology, monsters and teleology.

Monsters and conjoined twins from the Renaissance to the Enlightenment, the generation of monsters, the links between medicine and philosophy, between medicine and teleology, between medicine and theology, Nature, God, the divine attributes, the divine designs .

Conjoined Twins and their variety, conjoined twins and generation, conjoined twins and dissection, conjoined twins and their psychology...

On Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) and the importance of medical references in his works.

On the link between medicine and method in the Discourse on the Method and in the Optics.

On the mechanical models in medicine and in Descartes'writings.


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"Le principe de vie dans les Passions de l'âme", Revue Philosophique, P.U.F., N° 4, octobre-décembre 1988, p. 415-431.

-"Leibniz et la question de l'individuation", in Le problème de l'individuation, essais réunis par le Père Pierre-Noël Mayaud, Vrin, 1991, p. 79-104.

-"Le dualisme dans la correspondance entre Henry More (Morus) et Descartes", in Autour de Descartes, Le dualisme de l'âme et du corps, ouvrage publié par J.-L. Vieillard-Baron,Vrin, 1991, p. 141-158. (Actes du colloque organisé par l'Université de Tours et qui s'est tenu à Descartes, ville natale de René Descartes, au Sud de la Touraine, en octobre 1989).

Résumé: Au moment où il adresse sa première lettre latine à Descartes, le 11 décembre 1648, Henry More, platonicien de Cambridge, a déjà publié Psychozoïa Platonica or a Platonical song of the soul (La vie de l'âme platonicienne ou le chant platonicien de l'âme),1642, texte repris en 1647 dans les Philosophical Poems avec, par exemple, le poème Psychatnasia, et Democritus Platonissans or an Essay upon the infinity of worlds out of Platonick Principles, 1646, également réédité dans les Philosophical Poems de 1647. Ces textes, où érudition et préoccupation religieuse sont manifestes, ne constituent que le début d'une oeuvre immense.
Dans Psychozoïa Platonica
, Henry More relate sa quête spirituelle sous la forme d'un journal mystique et allégorique, écrit quelques années avant qu'il ne soit publié, et inspiré d'une de ses lectures favorites, The Faerie Queene d'Edmund Spencer, où se rencontrent néoplatonisme et éléments tirés des Kabbalistes chrétiens. More aborde, à partir de l'histoire de son âme, des questions métaphysiques et théologiques comme celles de l'immortalité de l'âme (thème qui donnera son titre, en 1659, à un nouvel ouvrage de More, dans lequel il citera et discutera Descartes), de l'origine de la vie, des rapports entre Dieu et le monde. Ce texte complexe est nourri de sources multiples, notamment hébraïques et grecques. Parmi celles-ci, notons l'influence de Platon, en relevant que More, qui connaît le grec, s'y réfère à travers les traductions latines de Marsile Ficin, ce qui signifie que des conceptions plotiniennes et des doctrines ésotériques viennent s'y ajouter.
Dans Democritus Platonissans,
More expose la théorie de la réalité et de l'infinité de l'espace, infinité qui est liée à l'omniprésence divine sur le plan cosmologique. La référence à Démocrite a d'ailleurs, comme de façon plus générale l'appel aux atomistes de l'Antiquité (c'est le cas dans la correspondance avec Descartes où Démocrite, Lucrèce et Epicure sont cités) un but double: préserver la distinction entre l'espace et les choses qui sont dans l'espace, tout en rejetant la métaphysique matérialiste qui la sous-tend. Ce texte, où More cite Descartes, préfigure leur débat épistolaire, relatif à l'identité posée par Descartes entre l'espace et la matière, que récuse sans cesse Henry More. De même, la question de l'infinité de l'espace, évoquée dans ce livre, se retrouve dans la discussion opposant le professeur de Cambridge au philosophe français, Descartes distinguant entre l'étendue indéfinie de la matière et le caractère infini de Dieu.
Par rapport aux ouvrages publiés par le plus célèbre des Cambridge men
avant qu'il n'écrive à Descartes, on peut s'étonner de l'éloge que More adresse à Descartes, au début de la première lettre qu'il lui envoie: "tout ce qu'il y a jamais eu de grands philosophes et d'intimes confidents des secrets de la nature, n'étaient que des nains auprès de vous". Il est vrai qu'après avoir noté que ce qu'a écrit Descartes dans les "Principes, et dans ses autres ouvrages, est d'une si grande justesse, d'une beauté si bien proportionnée et d'une conformité si parfaite avec la nature, qu'il n'est pas possible de procurer un spectacle plus agréable à l'esprit et à la raison humaine", More poursuit par un "sed", (cependant), qui marque le point de départ de la discussion épistolaire entre les deux correspondants et de leur désaccord. Désaccord que More, dans son souhait d'inclure Descartes dans la tradition de la philosophia perennis, estompe en ajoutant que les difficultés qu'il soulève "ne portent point coup au fond de sa philosophie" (AT, V, 237-238).
Pourtant, le premier point que conteste More porte sur la définition cartésienne de la matière. Ce point de désaccord est donc fondamental, comme est fondamental le refus chez Henry More d'admettre la thèse des animaux-machines, la disjonction cartésienne opérée entre l'âme et la vie, et la définition cartésienne de la vie par la chaleur du coeur.
L'article expose donc les termes et les enjeux de ces profonds désaccords entre Descartes et More ainsi que les enjeux de la définition cartésienne de la vie, en soulignant sa radicale nouveauté sur un double registre, puisqu'elle associe la découverte de la circulation du sang à une explication intégralement mécaniste de la chaleur du coeur conçue comme "principe de vie". Il montre l'influence du débat épistolaire avec Descartes sur les écrits ultérieurs de Henry More.

-mots-clés: vie, principe de vie, âme, dualisme, chaleur du coeur, circulation du sang, conarion (conarium) ou glande pinéale, théories panpsychiques, âme du monde, "vie du monde".


- Descartes et Regius : leur pensée médicale, in Descartes et Regius, Autour de L'Explication de l'esprit humain, édité par Theo Verbeek, éditions Rodopi, Amsterdam-Atlanta, 1993, p. 47-68. (Actes du colloque organisé par la Faculté de Philosophie de l'Université d'Utrecht et la Maison Descartes d'Amsterdam, qui s'est tenu à la Maison Descartes d'Amsterdam en octobre 1991).

Résumé: Cet article montre l'influence de Descartes sur un de ses disciples (plus proche chronologiquement de Descartes que Malebranche ou Leibniz, mais moins prestigieux) : le médecin Henri de Roy, dit Regius. Il démontre l'importance de Descartes sur l'enseignement médical dispensé par Regius à l'université d'Utrecht, à partir d'une analyse de la Physiologia de 1641. Ce texte, Physiologia sive cognitio sanitatis (Physiologie ou connaissance de la santé) réunit des thèses latines de médecine, soutenues sous la direction de Regius à l'université d'Utrecht. Son analyse permet d'apprécier l'influence du Discours de la méthode et des Essais, en particulier de la Dioptrique, aux Pays-Bas. Elle permet en outre de cerner l'originalité de la médecine de Regius par rapport à celle de Descartes, et de voir l'influence des disputations de la Physiologia sur les ouvrages ultérieurs de Regius, notamment les Fundamenta physices de 1646, chapitres 10 (De animalibus) et 12 (De homine), le traité de Médecine en quatre livres de 1647, Fundamenta medica, et la Philosophia Naturalis de 1654 et 1661, aux livres IV (De animalibus) et V (De homine) en particulier. Ce dernier livre constitue une édition complétée des Fundamenta Physices et Regius inclut aussi des emprunts aux Passions de l'âme de Descartes.

-mots-clés: correspondance entre Descartes et Regius, physiologie, nature de l'homme, âme de l'homme, cerveau, divisions intra-cérébrales, concavités du cerveau, "sens internes", sens commun, glande pinéale ou conarion ou épiphyse, que Descartes distingue soigneusement de l'hypophyse ou glande pituitaire, nerf optique, esprits animaux, "feu sans lumière" dans le coeur, circulation du sang,

- Réponse à Vere Chappell (professeur à l'université de Amherst, Massachusetts), sur l'homme cartésien et l'union substantielle, p. 427-447, in Descartes, Objecter et répondre, livre publié sous la direction de Jean-Marie Beyssade et Jean-Luc Marion, Paris, P.U.F., 1994. (Actes du colloque "Objecter et Répondre", organisé par le Centre d'études cartésiennes à la Sorbonne et à l'Ecole Normale Supérieure du 3 au 6 octobre 1992, à l'occasion du 350e anniversaire de la seconde édition des Méditations.)

- "Les Olympica et la vocation scientifique de Descartes", p. 47-71, in Romanica Gandensia, XXV, numéro consacré aux Olympiques de Descartes, Etudes et textes réunis par F. Hallyn, Droz, 1995. (Actes d'une Journée d'études sur les Olympica organisée à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Gand, le 5 mars 1993).

Résumé: Au cours de sa halte dans le "poêle" (pièce chauffée par un poêle de faïence, par opposition aux cheminées enfumées), à Neuburg, sur les bords du Danube, Descartes a eu trois songes. Aucun élément des songes de novembre 1619 ne permet de dire que Descartes s'est intéressé à la médecine à partir de ce moment ni d'affirmer qu'il a évoqué les conceptions médicales liées aux Rose-Croix.

Pour tenter de comprendre les Olympica, c'est-à-dire aussi bien le texte de la transcription des fameux songes, que les notes du petit registre, il me semble qu'il faut également étudier la correspondance échangée entre le départ de Beeckman et celui de Descartes, et notamment les cinq lettres que Descartes a rédigées pour Beeckman entre le 24 janvier 1619 et le 29 avril 1919.

Alors, des thèmes apparaissent, qui relient les recherches menées avec Beeckman et les songes du 10 novembre 1619, mais qui montrent surtout un écart considérable: celui imputable à la prise de conscience de la vocation scientifique d'un homme qui seul parvient à s'élever aux pensées les plus hautes, celles dont témoignent le choix des termes de Parnassus et d'Olympica.

Le thème de la solitude, la possibilité d'accéder aux pensées les plus hautes et le grand rôle joué par le Corpus poetarum, dans le troisième songe et dans son interprétation, constituent un faisceau d'indices permettant de rattacher les Olympica à l'histoire de la mélancolie. L'importance que Descartes accorde alors à l'imagination, l'alternance de phases d'enthousiasme et d'abattement, d'inspiration et d'oisiveté, vécue par Descartes dans la solitude, -alternance qui correspond à "l'ambivalence de la nature mélancolique" bien définie dans Saturne et la Mélancolie-, ainsi que le rôle accordé aux mathématiques dans le Parnassus et dans les Praeambula, viennent conforter cette proposition d'interprétation.

Descartes affirme sa vocation: celle d'un homme qui, parti des mathématiques, s'ouvre seul à la réforme des sciences, en ôtant les "masques" des sciences particulières afin de mettre en évidence leurs liens dans la "catena scientiarum". La vocation scientifique est pensée par rapport à la création poétique et l'inspiration des poètes fournit le modèle qui guide le jeune Descartes en lui donnant confiance pour élaborer seul une "science aux fondements nouveaux".

- "Anthropologie et médecine", p. 58-61 du Magazine Littéraire, avril 1996, numéro 342 intitulé Descartes, les nouvelles lectures.

- "Connaissance de l'homme, connaissance de Dieu", p. 507-533, in Les Etudes Philosophiques, numéro 4 de l'année 1996, consacré à La question de l'homme, de Descartes à Malebranche.

Résumé de cet article : Pour Descartes, l'homme est composé d'une âme et d'un corps, qui doivent être unis pour composer un "vrai homme". L'élimination des fonctions non intellectuelles de l'âme forme le motif de la médecine cartésienne et la conception cartésienne de l'homme est novatrice dans son affirmation de l'âme raisonnable autant que dans sa manière d'envisager le corps. Car Descartes pose la question de l'homme dans le contexte de la tradition médicale, qu'il connaît, et à laquelle il s'oppose régulièrement. S'il prend le thème du "connais-toi toi-même", invoqué depuis le seizième siècle pour justifier l'étude de l'anatomie, Descartes l'utilise de façon profondément originale. En effet, son invocation du "connais-toi toi-même" est détachée des louanges adressées au Créateur, dont témoigne le tableau de Rembrandt, L'anatomie du Dr Tulp, peint à Amsterdam au moment où Descartes rédige la partie du Monde consacrée à L'Homme. De même, Descartes dissocie son invocation du précepte "connais-toi toi-même" du contexte de macabre moralisant illustré par les bannières que portent les squelettes articulés du fameux amphithéâtre de Leyde.

Abstract: According to Descartes, man is composed of a soul and a body that need to be joined to compose a "real man". The elimination of the non-intellectual functions of the soul constitutes the philosophical motive of Cartesian medicine, and Descartes' conception of man is a new one, with its affirmation of a rational soul, as well as in its way of considering the body. Descartes indeed raised the question of man in the context of medical tradition. Descartes had studied medicine by himself, and he fights against this tradition. If Descartes quotes the ancient theme of "Know thyself", which had medical application from the sixteenth century onwards, in order to justify the study of the human body, he does so in a very original way. Descartes does not quote such a theme in relation to the praise of God, an illustration of which can be found in Rembrandt's famous painting Anatomy of Dr Tulp, painted in the year 1632 in Amsterdam at the very moment when Descartes was writing his treatise on Man. Descartes also dispenses with the gruesome moralizing, an example of which can be found on the banners held by the skeletons standing around the galleries of the famous anatomical theater at Leiden.

-mots-clés: âme, corps, anthropologie; Descartes et l'étude de l'anatomie; le "connais-toi toi-même", ses significations et enjeux dans les leçons d'anatomie (dissections publiques) et les traités d'anatomie; le corps microcosme; Vésale, De humani corporis fabrica, Rembrandt, Leçon d'anatomie du Docteur Tulp; les vanités.

- "La médecine et l'union dans la Méditation sixième", p. 18-36 dans l'ouvrage collectif Union et distinction de l'âme et du corps : lectures de la VIe Méditation, publié chez Kimé en 1998, sous la direction de D. Kolesnik-Antoine. (Actes de la Journée d'études organisée le 15 novembre 1997, salle Louis Liard, en Sorbonne).

Résumé: Ce texte prolonge deux de mes articles précédents: d'abord, la Réponse à Vere Chappell, ensuite "Connaissance de l'homme, connaissance de Dieu", en étudiant les thèmes médicaux contenus dans la sixième des Méditations métaphysiques et en les replaçant dans leur contexte médical et chirurgical. L'article expose la conception cartésienne de l'union de l'âme au corps qui repose sur l'interprétation de faits médicalement constatés, notamment l'explication de l'illusion des amputés ou douleur des membres-fantômes. L'analyse cartésienne de la douleur des amputés dans la Méditation VI développe d'une part, les acquis du discours quatrième de la Dioptrique et d'autre part, l'exemple de la jeune fille qui se plaint de douleurs dans les doigts, alors qu'on lui cache son amputation de la main, -exemple que Descartes a cité dans la lettre à Froidmont (Fromondus) du 3 octobre 1637 et qu'il reprendra dans les Principes de la philosophie. Dans la Méditation VI, l'exemple de l'illusion des amputés joue un rôle important, puisqu'il permet à Descartes de montrer que la mutilation d'une partie du corps n'affecte en rien l'unité de l'âme. Son explication "physique" est un remarquable échantillon du caractère novateur des thèses cartésiennes en médecine, parce que la douleur des membres fantômes ne parvenait pas à être expliquée dans les traités de chirurgie, ceux d'Ambroise Paré ou de Fabrice d'Acquapendente par exemple.

-mots-clés: médecine et union, sensations, douleur, illusion des amputés, douleur des membres fantômes, cerveau, nerfs, glande pinéale, union de l'âme au corps, leçon d'anatomie et thème de la dignité de l'homme, la main et l'histoire de la médecine.


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"Descartes, Harvey et la médecine de la Renaissance", p. 323-347 du volume "Descartes et la Renaissance", édité par E. Faye et publié chez H. Champion, Paris, 1999. (Actes du Colloque international de Tours des 22-24 mars 1996).

Résumé: Cet article confirme les analyses présentées dans Le principe de vie chez Descartes en montrant l'importance des sources renaissantes de la médecine cartésienne, aussi bien en anatomie qu'en embryologie. L'article commente la référence cartésienne à "Vésale et les autres" dans la lettre à Mersenne du 20 février 1639 (AT, II, 525), puis celle à "Fabricius ab Aquapendente" dans la lettre à Mersenne du 2 octobre 1646 (AT, IV, 555). Après avoir noté le parallèle entre ces deux références et insisté sur le fait que Descartes évoque aussi l'indispensable recours aux expériences en médecine, l'article souligne la concordance entre les sources médicales de Descartes et celles du médecin William Harvey. Mais l'article montre aussi que la réécriture cartésienne de la démonstration harvéienne de la circulation du sang et la controverse de Descartes avec Harvey sur la cause du mouvement du coeur mettent en question une partie de l'héritage de la pensée médicale de la Renaissance, en particulier l'influence d'Aristote sur William Harvey.

-mots-clés: sources médicales de Descartes et de Harvey, André Vésale (Vezalius, Vesalius), Caspar Bauhin (Bauhinus), Fabrice d'Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente), école de Padoue, anatomie, embryologie, expériences de dissection, aristotélisme de Harvey, aristotélisme padouan.

- "Cartesian Physiology", p. 349-382 de l'ouvrage édité par Stephen Gaukroger, John Schuster and John Sutton, Descartes' Natural Philosophy, publié chez Routledge, dans la collection Routledge Studies in Seventeenth-Century Philosophy, en juillet 2000.

- "Descartes, Reader of Harvey : The Discovery of the Circulation of the Blood in Context", p.15-40, in Graduate Faculty Philosophy Journal, New School for Social Research, vol. 22, N°1, 2000, New York, pages 15-40.

- "Descartes face à la mélancolie de la Princesse Elisabeth", in: Une philosophie dans l'histoire, hommages à Raymond Klibansky, édité par B. Melkevik et J.-M. Narbonne, Québec, Presses de l'Université de Laval (Canada), 2000, Diffusion Vrin, pages 229-250.

Résumé: Dans ma contribution au Festschrift du professeur Raymond Klibansky, j'ai souhaité poursuivre l'étude d'un thème particulièrement négligé dans la correspondance entre Descartes et la princesse Elisabeth de Bohême: celui de la mélancolie dont souffre la princesse Elisabeth, thème médico-philosophique que j'avais eu l'occasion d'aborder aux Journées d'études organisées à Descartes en mars 1999, en présentant une communication sur "La raison plutôt que les remèdes".

L'article analyse ce cas de mélancolie féminine que Descartes étudie dans un cadre médical rénové en prenant très au sérieux l'affection dont souffre la princesse. En effet, Descartes connaît cette affection et sait que la mélancolie peut avoir pour horizon la folie. Il a d'ailleurs cité, dans la Méditation première et dans le dialogue inachevé La recherche de la vérité, des exemples de pathologies mélancoliques liées aux "vapeurs" de la bile noire. Ces pathologies sont répertoriées dans des traités médicaux et l'article indique la source des exemples cartésiens.

-mots-clés: philosophie et médecine, lien entre l'âme et le corps, mélancolie et unité de l'homme, femme et mélancolie, opilation de la rate, bile noire, folie, imagination, circulation du sang, usage de la raison, pathologies du cerveau au dix-septième siècle, maladies de l'imagination à l'âge classique, sources médicales des exemples de mélancoliques cités par Descartes dans la première des Méditations métaphysiques et dans La recherche de la vérité par la lumière naturelle.

-Auteurs cités : Hippocrate, Aristote, Théophraste, Celse (Aulus Cornelius Celsius), Galien ; Marsile Ficin ; André Du Laurens, Felix Plater (ou Platter), Petrus Forestus (P. van Foreest), Timothy Bright, Robert Burton, William Harvey ; Louis de La Forge, François Poullain de la Barre ; Adrien Baillet ; Raymond Klibansky, Erwin Panofsky, Fritz Saxl.

- "L'Homme de Descartes et le De Homine de Hobbes" (p. 155-p. 186), in Hobbes, Descartes et la métaphysique, (D. Weber, éd.). Actes du colloque "Hobbes, Descartes et la métaphysique" organisé par le Centre d'études cartésiennes (Université de Paris Sorbonne, Paris IV), qui s'est tenu en Sorbonne le 8 juin 2002. Recueil publié fin octobre 2005 à Paris, chez Vrin.

Résumé: Après avoir justifié le rapprochement entre L'Homme de Descartes (-une publication posthume, après le renoncement à la publication du Monde qui inclut L'Homme, en raison de la condamnation de Galilée, et la "redistribution" des thèmes de L'Homme dans le Discours de la méthode et la Dioptrique-), et le De Homine de Hobbes (-une publication différée de la deuxième partie du vaste projet hobbesien: "Corpus, Homo, Civis", en raison de la Guerre Civile anglaise-), l'article développe les trois points suivants:

- L'Homme de Descartes et le De Homine de Hobbes ont été au coeur de projets philosophiques ambitieux et sont restés au centre des oeuvres en dépit de la publication différée de ces traités. Ces oeuvres ont de nombreux points d'intersection, l'anthropologie de Hobbes s'étant, sinon explicitement définie, du moins implicitement posée, par rapport à celle de Descartes.

- L'anthropologie de Descartes et celle de Hobbes accordent une place prépondérante à l'explication de la vision, conséquence de l'émergence d'un nouveau contexte scientifique. L'homme est "spectateur" et "observateur" d'un monde où les mouvements apparents des astres ne correspondent pas à leurs mouvements réels.

- Ces anthropologies sont indissociables de l'essor des sciences physique et astronomique et reposent sur des connaissances anatomiques et physiologiques récentes. Copernic et Galilée, d'une part, Vésale et Harvey, d'autre part, sont des références importantes dans la constitution des anthropologies de Descartes et de Hobbes. Ce sont deux anthropologies de "physiciens-métaphysiciens".

-mots-clés: philosophie et astronomie, philosophie et médecine, anthropologie, nature de l'homme, l'homme et son rapport au monde, l'homme et la connaissance de lui-même; l'héritage de l'année 1543 dans les oeuvres de Descartes et de Hobbes: liens avec les textes de Copernic, puis avec ceux de Kepler, de Tycho Brahé et de Galilée (Galileo Galilei) d'une part, liens avec le traité de Vésale (Vezalius, Vesalius) sur la Fabrique du corps humain (De humani corporis fabrica), puis avec les livres de Caspar Bauhin (Theatrum anatomicum) et de William Harvey (De motu cordis et sanguinis in animalibus) d'autre part; les nouveaux astronomes, les nouveaux anatomistes; l'explication des sensations, la "fabrique de l'oeil", l'explication de la vision, les illusions d'optique, le rôle du nerf optique, l'optique, la dioptrique, la lumière, le monde visible, la géométrie, l'admiration, le dualisme cartésien, le principe de vie mécaniste, le mouvement du coeur, la circulation du sang, les "esprits animaux", la génération des animaux.

"Conjoined Twins and the Limits of our Reason", p. 61- p.107, in Monsters and Philosophy, edited by Charles T. Wolfe, London, King's College Press, University of London. (December 2005)

Abstract:
In the texts dealing with monsters, the sets of human double monsters, in particular conjoined twins, have been undoubtedly the ones who provoked the most surprise, curiosity and amazement.
With their physical peculiarities and their various appearances, conjoined twins have fired the imaginations and triggered many debates in which philosophical issues have been important. Double monsters have crystallized in an exemplary way the problems we must face with monsters: (i) as regards the reactions towards their extraordinary physical appearances and their place in society, (ii) as regards their ontological status and their place in Nature which for a very long time was tightly associated with God, (iii) as regards the issue of their causes, for long not independent from theological concerns. Double monsters have raised some important additional questions: their individuality, i.e.
do conjoined twins have one soul or two, an important question related to the discussions on the 'principle of life' and the seat of the soul and not only with the decision to baptize either one person or two. Another important question concerning human double monsters when they had lived for a long period of time concerned their psychology and whether they have different personalities, not to mention the possibility of their being separated by surgery and the details of their autopsy reports showing the importance of the fusion of their organs, a dimension which had implications for the mechanics of matter itself.
These issues did not raise independently from the accounts of monstrous births and, from the second half of the sixteenth century onwards, from the publication of 'canards', pamphlets and broadsides showing illustrations of conjoined twins, or from actual encounter with traveling conjoined twins.

In the first part of my paper I discuss the conception of conjoined twins in relation to the notions of 'spectacle' and Nature, with a particular focus on the importance of theology and philosophy in the first medical treatises on monsters. In the second part, I examine the fundamental changes brought about in this context by some physicians from the beginning of the seventeenth century as well as by René Descartes. I emphasize the split between the investigation about monsters and theology, as well as the importance of the new conception of nature introduced by Descartes, especially in relation to matter and to the laws of nature. In the third part, I describe the limitations in the influence of these fundamental changes in the eighteenth century, with a particular focus on the enduring influence of theological and teleological arguments in the debates concerning detailed dissections of conjoined twins at the Académie Royale des Sciences in Paris.

-Keywords: Medicine and philosophy, medicine and theology, medicine and teleology, Monsters from the sixteenth century to the nineteenth century, Monsters and 'spectacle', monsters and 'show', Nature as a 'spectacle'; laws of nature; Anatomy, praises to the human body, dissection of monsters and of conjoined twins and teleology, dissections of monsters and of conjoined twins and theology, the divine attributes, the divine designs, the Académie Royale des Sciences,

-Authors quoted: Aristotle, Galen, Saint Augustine, Rüff or Rueff, Ambroise Paré, M. Weinrich, Caspar Bauhin, Du Laurens (Laurentius), Riolan (the Younger), Fortunio Liceti, René Descartes, William Harvey; Malebranche, Antoine Arnauld, Régis; Du Verney (Duverney, Duvernay), Marcot, Lémery, Winslow, Goëffon (Goiffon), Haller, Bordenave; Fontenelle, Dortous de Mairan; Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Etienne Serres...

 

- "Monsters, Nature and Generation in the Early Modern Period: The Emergence of Medical Thought" in The Problem of Animal Generation in Modern Philosophy, edited by Justin E.H.Smith, published at Cambridge University Press, 2006, p. 47-p. 62 (paper published without notes).

This paper is based on the web-exhibition about monsters that had been on the website of the main medical library in Paris (the BIUM, Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine), since the 29th January 2004, Les monstres de la Renaissance à l'âge classique, métamorphoses des images, anamorphoses des discours. De l'admiration, souvent mêlée de peur pour ces signes divins et prodiges de la nature aux bases d'une lecture plus 'scientifique': l'émergence d'un discours 'médical' sur les monstres. Text, bibliography and selection of the illustrations (from rare books in the BIUM) by Annie Bitbol-Hespériès. Concept, web design and image editing by Jacques Gana.

Abstract:
One of the most striking features of the discussion of monsters in the sixteenth century lies in the variety of texts in which they were discussed. It would take a long time for monsters and their causes to become the specific subject of study among surgeons and physicians.
Jacobus Rüff (Rueff), a Zurich surgeon, and Ambroise Paré, a French surgeon, were the first to include a study about monsters in medical treatises providing a large number of illustrations. These treatises have been reprinted and translated many times after their first publications, Rüff's in German and Latin in 1554, and Paré's in French in 1573. When describing and illustrating monsters, Rüff, and to a greater extent Paré, borrowed information on the subject from many sources.
The second, most outstanding feature concerning human monsters in the sixteenth century, as well as in the seventeenth century, was the fact that they were shown in Europe. Human monsters travelled in Italy, Germany, France, England, and generally received money for their exhibitions. Among them, conjoined twins were very famous and drew in large crowds. At that time also in Europe, many illustrations of monsters were disseminated, not only in books but also in fascicules and on broadsides. These illustrations depict human and animal monsters, as well as extraordinary monsters which were half human and half animal, or a strange combination of parts of various animals.
The third main feature of the conception of birth defects in the sixteenth century was that monsters and generation were not always closely linked. True, the amazing appearance of a monster is a rupture in the theory of generation derived from Aristotle asserting the 'reproduction of the same' from one generation to another.

Part one of my paper highlights the limitations of efforts to explain the generation of monsters in the sixteenth century. I examine in particular the works of Jacobus Rüff (Rueff) and Ambroise Paré in this context. Part two sketches the new way of investigating monsters that appeared in some medical writings from the very beginning of the seventeenth century. I take into account the split between medicine and theology, and I emphasize the rise of embryology with Fabricius of Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente). Part three shows the shifts of attitudes that occurred towards nature and generation with the investigations of nature and the 'principle of life' in the works of René Descartes. Descartes' mechanist account of the formation of the fetus in his Primae cogitationes circa generationem animalium, and in a much precise way, in the four parts of La Description du corps humain (The Description of the Human Body) eradicate the themes, widely spread in medical treatises, on the one hand of the soul considered as the 'principle of life' and on the other hand of the 'astral' or 'divine' heat that was supposed to be found in the heart as well as in the male semence. Descartes' assertions on these subjects are all the more original when compared to Harvey's treatise On the Generation of Animals, (Exercitationes de generatione animalium) published one year after Descartes' death.

-Keywords: Nature and her 'secrets', the mystery concerning the role of the organs of generation, ovaries, human matrix or human uterus, male seed, sperm, generation of monsters, conception, embryology, soul principle of life, heart principle of life, the principal organs in the human body, mechanism, vitalism, William Harvey's debt to both Aristotle and Fabricius of Aquapendente

-Authors quoted: Aristotle, Galen, Saint Augustine; Vesalius, Rüff or Rueff, Ambroise Paré; Martin Weinrich, Caspar Bauhin, Du Laurens (Laurentius), Riolan (the Younger), Johann Schenck, Johann Georg Schenck, Liceti; Fabricius of Acquapendente (Fabricius ab Aquapendente), René Descartes, William Harvey...

-"Ravaisson et la philosophie de la médecine", in L'épistémologie française, 1830-1970, sous la direction de Michel Bitbol et de Jean Gayon, livre paru aux P.U.F., début juin 2006, p. 413- p. 430.

Résumé: Après un rappel de la biographique de Ravaisson (Jean-Gaspard-Félix Lacher) et de sa bibliographie, l'article étudie le contexte philosophique et médical de la publication de De l'Habitude (1838), ainsi que ses liens avec le Rapport sur la philosophie en France au dix-neuvième siècle (1868) et Métaphysique et morale (1893). L'analyse de la philosophie de la vie dans les textes de Ravaisson montre la place importante qu'y occupe la philosophie de la médecine.

L'article souligne l'influence d'Aristote et de la méthode psychologique prônée par Victor Cousin, ainsi que celle des médecins vitalistes et animistes cités par Ravaisson: Stahl, Barthez, Bichat, Buisson. Il commente l'importance du vocabulaire de la médecine dans les textes de Ravaisson, en particulier du vocabulaire de la pathologie, lié aux références à Van Helmont et à Sydenham.

Il étudie l'animisme de Ravaisson et sa dénonciation constante du mécanisme cartésien et surtout du matérialisme en médecine représenté par les textes de La Mettrie, de Cabanis, de Broussais et de Gall.

Il montre que les écrits de Ravaisson ouvrent la voie à Bergson et à Canguilhem.

-Mots clés: De l'Habitude (1838), Rapport sur la philosophie en France au dix-neuvième siècle (1868); Métaphysique et morale (1893); vie, âme, principe de vie, principe vital, âme pensante, psychologie, conscience; méthode psychologique; médecins vitalistes et animistes: Stahl, Barthez, Bichat, Buisson; vocabulaire médical utilisé par Ravaisson, notamment celui de la pathologie avec les références à Van Helmont et à Sydenham; dénonciation du mécanisme cartésien et surtout du matérialisme en médecine.

-Auteurs cités: Aristote; Van Helmont; Descartes; Leibniz; Thomas Sydenham; Georg-Ernst Stahl; Paul-Joseph Barthez, Xavier Bichat, Mathieu François-Régis Buisson; Francisque Bouillier; Victor Cousin; Maine de Biran; Gall, Broca, Vulpian; Claude Bernard; Bergson; Georges Canguilhem...

- "Médecine et méthode chez Descartes", in : Conceptions de la science : hier, aujourd'hui et demain. Hommage à Marjorie Grene, sous la direction de Jean Gayon et Richard M. Burian, 2007, Editions Ousia (Bruxelles, diffusion Librairie philosophique Vrin, place de la Sorbonne), p. 167-190. Recueil faisant suite au colloque d'hommage organisé à l'Université de Bourgogne en octobre 1997, en l'honneur de Marjorie Grene, par Virginia Polytechnic Institute and State University, Blacksburg, U.S.A., et Université de Bourgogne, Dijon.

Résumé de l'article: Selon Descartes, la méthode "consiste plus en pratique qu'en théorie". L'article analyse la pratique de la méthode en médecine dans la cinquième partie du Discours de la méthode, en détaillant l'analyse cartésienne du mouvement du coeur. Il analyse aussi cette pratique dans la Dioptrique, un des Essais de la méthode, où Descartes traite de la vision d'une façon inédite en insistant sur le rôle des nerfs optiques.

La pratique cartésienne de la méthode rompt avec la tradition médicale, où la méthode a sa place. La pratique de la méthode, indissociable du mécanisme corporel, transforme le contenu du discours médical et permet à Descartes de fonder une nouvelle anthropologie.

- Mots clés: contexte médical, explication cartésienne du mouvement du coeur qui inclut la découverte de la circulation du sang par William Harvey; analyse et enjeux de la controverse avec Harvey sur la cause du mouvement du coeur; analyse de l'approbation par Descartes de la circulation du sang avec mise en avant des "preuves" expérimentales de Harvey et abandon du cadre conceptuel aristotélicien dans lequel Harvey a inséré sa brillante découverte.

Méthode et rupture avec la tradition aristotélicienne, alors si importante en médecine.

Méthode et rupture avec l'influence de Galien.

Méthode et rupture avec la tradition médicale des louanges à la Nature.

Méthode et mécanisme corporel. Méthode et unité de l'homme. Analyse de la vision.

Méthode et mise à mal de l'anthropocentrisme dans les traités médicaux.

Méthode et fondation d'une nouvelle anthropologie.

Influence de la méthode cartésienne en médecine.

Auteurs cités, outre Descartes: Aristote, Galien, Du Laurens (Laurentius), Jean Riolan (fils), William Harvey (De motu cordis et sanguinis in animalibus), Plempius, Regius, Dionis, Jean Martet, Guy de Chauliac (La Grande Chirurgie, citée dans une édition de 1672 publiée à Bordeaux).

- "L'Anthropologie cartésienne et la médecine", article paru dans le troisième numéro de l'année 2007 de la Revue Philosophique de la France et de l'étranger (Juillet-septembre 2007) consacré à la publication des Actes de la journée d'hommage à l'oeuvre de Geneviève Rodis-Lewis, organisée par le Centre d'études cartésiennes (Université de Paris Sorbonne, Paris IV), qui s'est déroulée le 11 juin 2005 en Sorbonne (salle Louis Liard).

Résumé: L'anthropologie cartésienne est un recueil d'articles publiés par Geneviève Rodis-Lewis de 1955 à 1990 et remaniés. Les thèses principales concernent les développements que le thème de l'homme a suscités, de Descartes à Malebranche. Deux aspects constitutifs de l'anthropologie cartésienne sont privilégiés:les sensations et le langage, d'où l'accent mis sur l'union de l'âme au corps et sur l'unité de l'homme, plus que sur le dualisme. L'ouvrage aborde aussi la question médicale des origines de la transfusion, grâce à un écrit de Desgabets. Le chapitre sur les limites du modèle mécanique se trouve prolongé par l'étude des modèles mécaniques dans leur contexte médical. La comparaison entre le corps humain et une machine est un élément essentiel de la méthode cartésienne appliquée à la médecine, parce qu'elle est liée à la réflexion novatrice sur le "principe de vie".

Auteurs cités, outre Descartes et Malebranche: Louis de La Forge, Gérauld de Cordemoy, Bernard Lamy, Wallis; Vésale, Harvey, Dom Robert Desgabets, Richard Lower, Thomas Willis, Christopher Wren, La Martinière; André Du Laurens, Jean Riolan (fils)

Commentateurs cités, outre Geneviève Rodis-Lewis: F. Bouillier; O. Hamelin, J. Maritain, G. Gusdorf, Jean Laporte, Etienne Gilson, Martial Gueroult, Georges Canguilhem

Abstract: L'anthropologie cartésienne (Paris, P.U.F., 1990) is a collection of articles published by Geneviève Rodis-Lewis from 1955 to 1990 and revised. The main theses concern the developments kindled by the theme of Man from Descartes to Malebranche. Two constituent aspects of Cartesian anthropology are highlighted : sensations and language. That is why emphasis is given to the union of the soul with the body and to the unity of Man, more than to dualism. The work also deals with the medical issue of the origins of transfusion, thanks to a text by Desgabets (Dom Robert Desgabets). The chapter dealing with the limits of the mechanical model is protracted by the study of mechanical models in their medical context. The comparison between the human body and a machine is a crucial element of Cartesian method applied to medicine because it is linked to the innovative reflection on the "principle of life".

 

- "La vie et les modèles mécaniques dans la médecine du dix-septième siècle. Descartes face à la tradition médicale et aux découvertes de William Harvey." in Questions vitales, vie biologique, vie psychique, F. Monnoyeur (éd.), Kimé, Paris, février 2009, p. 47-81.

 

II) Articles publiés dans la revue Dialogues de Descartes de l'Université Paris Descartes et repris sur le site web de l’Université Paris Descartes (Paris V, René Descartes):

Descartes, un esprit universel
Descartes et la médecine
Descartes et la princesse Elisabeth
Descartes et la reine Christine de Suède
Descartes et Poussin
Descartes et Corneille
Descartes et Molière
Descartes et Racine
Descartes et La Fontaine
Descartes et Pascal
Descartes et Galilée

 

III) Articles dans le Dictionary of Seventeenth-Century French Philosophers, general editor: Luc Foisneau, Thoemmes Continuum, New York, 2008:

Articles sur:

Caspar Bauhin (Bauhinus) ( 17 janvier 1560-5 décembre 1624), (second fils du médecin français Jean Bauhin).

Pierre Dionis (1643-11 décembre 1718),

André Du Laurens (Laurentius) (9 décembre 1558-16 août 1609),

Raymond Vieussens (vers 1635-16 août 1715)

 

IV) Travaux actuellement poursuivis :

- Editions annotées de l'ensemble des textes médicaux de Descartes: L'Homme, la cinquième partie du Discours de la méthode, l'intégralité de La Description du corps humain, la traduction et l'annotation des Primae cogitationes circa generationem animalium et de la totalité des Excerpta anatomica, à paraître chez Gallimard dans les Œuvres complètes de Descartes, sous la direction de Jean-Marie Beyssade et Denis Kambouchner (bibliothèque de La Pléiade et collection de poche Tel).

Le premier volume des Œuvres complètes de René Descartes dans la collection de poche Tel des éditions Gallimard, en  fait le volume III, Discours de la Méthode et Essais, dans le plan de cette nouvelle édition critique, est paru le 17 septembre 2009. 

- Edition critique du De motu cordis et sanguinis in animalibus de William Harvey, (Les Belles Lettres).

- Travaux sur les monstres (textes et iconographie).

V) Principales participations à des colloques et conférences en France et à l'étranger, qui n'ont pas fait l'objet de publications:

- Colloque international de Vianden-Luxembourg, 30 juin-3 juillet 1991, sur le thème Tradition et émancipation. Conférence sur William Harvey, René Descartes: continuité et rupture par rapport à la tradition médicale (Hippocrate, Aristote, Galien).
- Journée La science chez Descartes, 24 octobre 1992, Descartes, (Indre et Loire, ville natale de René): Exposé sur Descartes et la médecine de son temps, avec insistance sur la cohérence de l'attitude de Descartes, face d'une part à la tradition médicale encore vivace au dix-septième siècle, et d'autre part au livre de W. Harvey: Exercitatio de motu cordis et sanguinis in animalibus,
paru en 1628.
- Célébration du quatrième centenaire de la naissance de Descartes, Cité des Sciences et de l'Industrie de La Villette, Paris, 12 octobre 1996: Communication sur Descartes, les sciences, le choix de la langue française et la recherche d'un nouveau public.
- La Villette, 23 novembre 1996, second après-midi de commémoration de Descartes, Cité des sciences et de l'Industrie: Exposé sur Descartes, Harvey et la médecine, suivi d'une discussion avec le public.
- Commémoration de l'anniversaire de la naissance de Descartes par l'université d'Oxford (Grande Bretagne) et la Philosophical Society, Oxford, 19 et 20 octobre 1996, week-end sur Descartes: Philosopher-Scientist. Communication sur Descartes, Harvey and Renaissance Medicine.
- Participation à l'émission de France culture La science et les hommes, sur Descartes, l'oeuvre scientifique, diffusion: mercredi 13 novembre 1996.
- Mini-université de Boulogne-Billancourt, 4 février 1997, exposé suivi de questions sur le thème: Dualisme et unité de l'homme chez Descartes.
- Séminaire équipe REHSEIS, UPR 318, 22 avril 1997, exposé sur Descartes et Harvey: la révolution médicale du XVIIe siècle et ses enjeux.

- Université Catholique de Louvain, Centre d'Etude pour l'Histoire de la Pharmacie et du Médicament, (maintenant dans l'agglomération bruxelloise, en raison de la partition de l'université de Louvain et du transfert des unités médicales et pharmaceutiques francophones), 24 mai 1997, salle Albert Couvreur: "Descartes et la médecine" (les sources de Descartes en anatomie, notamment André Vésale; Descartes et sa conception du coeur et du mouvement du coeur; Descartes et sa diffusion de la circulation du sang découverte par W. Harvey).


- Palais de la Découverte (Paris), dans le cadre de l'exposition Entre Art et Science, la Création,
16 décembre 1997, conférence ayant donné lieu à un enregistrement: Entre art et science, la leçon d'anatomie: iconographie de Vésale à Rembrandt.
- ENS (rue d'Ulm), séminaire de Michel Serfati: Conférence sur La représentation du corps à l'âge classique, 19 novembre 1997.

- Journées d'études des 19 et 20 mars 1999 sur la Correspondance entre Descartes et la princesse Elisabeth, organisées au Centre culturel de Descartes par le Centre d'études en rhétorique, philosophie et histoire des idées, de l'humanisme aux lumières, (CERPHI) de l'E.N.S. de Fontenay/ Saint-Cloud (ENS-LSH de Lyon) et l'université de Rennes I: "La raison plutôt que les remèdes": les thèmes médicaux de la correspondance et leurs enjeux philosophiques et médicaux.

- E.N.S. de Fontenay-Saint Cloud, 17 décembre 1999, journée de préparation agrégation de philosophie, puis séminaire de l'équipe Savoirs et Textes de l'U.M.R. 8519, C.N.R.S., Université de Lille 3, 13 janvier 2000, exposé sur La place de la médecine dans l'oeuvre de Descartes.
- Centre culturel de Descartes, Colloque international du 9 septembre 2000 sur Descartes et la religion, exposé sur la religion dans les traités de médecine de Vésale à Harvey.
- Colloque organisé par l'I.R.E.M. de l'Université Paris VII (Paris Diderot), les 6 et 7 juin 2001, à l'Institut Henri Poincaré, sur Les modèles de la science au XVIIe siècle:
Exposé sur Les modèles en médecine au dix-septième siècle.
- Continent Sciences, Itinéraires de sciences, diffusion sur France Culture, émission Une Histoire du Cerveau, réalisée par Jacques Coget. Intervention sur le cerveau chez Descartes et chez Willis, diffusion 11 mars 2004.