L'Épistémologie française,
1830-1970

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sous la direction de
Michel BITBOL et Jean GAYON

Presses Universitaires de France, 2006

Traduction chinoise Commercial Press, 2011





L'épistémologie française n'est pas la branche locale d'une discipline pratiquée dans le monde entier. Elle est une tradition de pensée spécifique qui affirme la solidarité de problèmes que d'autres traditions tendent à dissocier : logique, théorie des fondements et des limites de la connaissance, philosophie générale des sciences, philosophie de champs scientifiques particuliers, voire histoire des sciences.
Les études rassemblées ici répondent à deux questions.
La première porte sur les écoles de pensée et les institutions. La réaction des savants et des philosophes français face au positivisme entre 1890 et 1960 est mise en évidence, notamment en étudiant ceux qui participent activement au mouvement (Duhem, Poincaré, Rougier). On examine aussi comment la philosophie des sciences américaine (avec Quine et Kuhn) a trouvé des sources dans l'épistémologie française (Duhem, Meyerson). Plusieurs chapitres sont enfin consacrés aux personnes (Abel Rey, Henri Berr, Alexandre Koyré, Hélène Metzger) et aux institutions (Institut d'histoire des sciences, Centre de synthèse) qui ont créé les conditions d'un dialogue entre épistémologie et histoire des sciences.
La seconde question porte sur les figures majeures qui ont façonné le paysage de l'épistémologie en France. Elle se pose, avant même l'utilisation du mot "épistémologie", dans les études philosophiques sur la science entreprises par Auguste Comte, Claude Bernard, puis Ravaisson, Cournot, et plus tard chez Bachelard, philosophe des sciences autant que philosophe. Les épistémologues français ont montré leur fécondité dans l'analyse de tous les champs scientifiques spécialisés : logique et fondements des mathématiques (Herbrand, Nicod, Cavaillès), sciences physiques (Poincaré, Meyerson, Kojève, Destouches), biologie et médecine (Canguilhem), droit (Eisenman).

 

TABLE DES MATIÈRES

 

INTRODUCTION
Michel BITBOL & Jean GAYON

 

I. TRADITIONS DE PENSÉE ET INSTITUTIONS

I-1. "Positivisme"

Anastasios BRENNER
Un 'positivisme nouveau' en France au début du vingtième siècle (Milhaud, Leroy, Duhem, Poincaré)

Antonia SOULEZ
La réception du Cercle de Vienne aux congrès de 1935 et 1937 à Paris ou le 'Style-Neurath'

Sandra LAUGIER
Duhem, Meyerson et la philosophie des sciences américaine post-positiviste

Jacques LAMBERT
L'épistémologie française et le cercle de Vienne: Louis Rougier

 

I-2. "Histoire et philosophie des sciences"

Gad FREUDENTHAL
Hélène Metzger (1888-1944)

 Gérard JORLAND
La notion de révolution scientifique : le modèle de Koyré

Jean-François BRAUNSTEIN
Abel Rey et l'Institut d'Histoire des Sciences (1932-1940)

 

II. FIGURES

II-1. Philosophie générale des sciences

Laurent CLAUZADE
Histoire des sciences et philosophie des sciences dans la philosophie d'Auguste Comte

Jean-Claude PARIENTE
Augustin Cournot

Jean GAYON
Les réflexions méthodologiques de Claude Bernard

Jean-Claude PARIENTE
Rationalisme et ontologie chez Gaston Bachelard

 

II-2. Epistémologie de la logique et des mathématiques

Jacques DUBUCS
Jean Nicod, l'induction et la géométrie

Jacques DUBUCS et Paul ÉGRÉ
Jacques Herbrand

Gilles-Gaston GRANGER
Mathématiques et rationalité dans l'œuvre de Jean Cavaillès

 

II-3. Épistémologie des sciences physiques et chimiques

Gerhard HEINZMANN
La philosophie des sciences de Henri Poincaré

D. LÉVY
Émile Meyerson

Léna SOLER
Alexandre Kojève et l'épistémologie

Michel BITBOL
Jean-Louis Destouches

 

II-4. Épistémologie des sciences de la vie et de la médecine

Annie BITBOL-HESPÉRIÈS
Ravaisson et la philosophie de la médecine

Jean GAYON
La philosophie biologique de Georges Canguilhem : une méditation sur l'individualité

 

II-5. Épistémologie des sciences de l'homme

Emmanuel PICAVET
Eisenmann et Kelsen: éléments d'une filiation épistémologique